Leg. sax. 313, 342. Pulgrnve, il, lxvii
2. Cetait le surnom habituel des cadets dont les pères mouraient durant leur minorité. Ils ne pouvaient posséder de fiefs tant qu'ils n'étaient pas d'âge à faire les services qui y étaient attachés , âge que la loi avait fixé à vingt et un ans.
3. Il avait un fils naturel nommé Philippe, qui, la même année, assassina
rait dû revenir à son neveu Arthur, fils de Geoffroi et duc de Bretagne, enfant de douze ans. Antérieurement, le jeune prince avait été déclaré héritier présomptif; mais sa mère, Constance, à force d'indiscrétion et de caprices , aliénait l'esprit de son oncle, tandis que la vieille et politique Éléonore travaillait avec assiduité à resserrer les liens de l'affection entre ses deux fils. Guidé par elle , vJean avait presque effacé la mémoire de ses anciennes trahisons, et, en récompense de sa fidélité, avait obtenu de son frère la restitution de ses terres. Quand Richard fut sur son lit de mort , Jean était présent : le droit d'Arthur, quoiqu'admis jadis par le roi, fut oublié ; et le monarque expirant déclara, dit-on, son frère héritier du trône et d'un tiers de ses propriétés. Jean reçut immédiatement T hommage des chevaliers qui se trouvaient là , se hâta de prendre possession de Chinon , où Richard avait déposé ses trésors, et de là se rendit dans la Touraine, le Maine, l'Anjou, ancien patrimoine des Plantagencts *. A son grand désappointement, les habitants se déclarèrent en faveur de son neveu Arthur, et ils furent soutenus dans leur déclaration par la promesse de l'appui du roi de France , à qui Constance avait confié la personne et les intérêts de son fils. Jean n'avait pas de temps a perdre à la réduction de ces provinces ; mais avant son départ il déchargea sa vengeance sur les deux capitales, le Mans et Angers. Toutes deux furent saccagées; les maisons de pierres du Mans furent démolies, et Angers fut livré aux flammes [19 avril]. D'Angers il courut en Normandie, où ses amis lui avaient assuré tous les suffrages; et à Rouen il reçut des mains de l'archevêque l'épée et la couronne ducale [25 avril]. En Poitou et en Aquitaine il fut également heureux. Ces provinces , .héritage de sa mère Éléonore , la considéraient toujours comme leur légitime dame et maîtresse ; et la vieille reine n'hésita pas à transporter à son fils, par des actes publics, l'hommage, la fidélité et les services des habitants , qui se soumirent sans murmure à la domination de leur nouveau maître *.
En Angleterre, comme le lecteur a dû le remarquer, non-seulement la forme, mais beaucoup de l'esprit des monarchies électives s'était conservé jusqu'alors. Depuis la conquête, cinq rois étaient montés sur le trône , et quatre d'entre eux appuyaient leur principal titre sur le choix du peuple. Après la mort de Richard, les Anglais
le vicomte de Limoges, comme ayant été la cause de la mort de Richard. Hoved. 452.