‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 525 sur 643 · CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME

en Angleterre et en Irlande pour continuer la guerre. Probablement ni ses barons étrangers, ni ses barons anglais ne furent Kdèlcs à ses intérêts. Il en punit un grand nombre : les premiers, par la confiscation de leurs terres en Angleterre ; et les derniers, en exigeant d'eux un septième de leur revenu et de leurs biens meubles. Cependant lorsqu'il eut rassemblé une armée nombreuse à Portsmouth, ils l'informèrent unanimement, par la bouche de l'archevêque Hubert, qu'ils ne s'embarqueraient pas * [avril].

Enfin, après un siège de plusieurs mois, et quand la garnison fut réduite, par les accidents de la guerre et les ravages de la famine, à moins de deux cents hommes , le vaillant Roger de Lacy rendit Château-Gaillard au roi de France. Falaise, place également forte et boulevard de la Basse-Normandie, fut livrée par la trahison de Lupercaire, qui entra avec ses mercenaires au service de Philippe. Cependant les citoyens de Rouen, d'Arqués et de Verneuil , animés d'une haine héréditaire contre les Français , résolurent de s'opposer aux envahisseurs , conclurent une ligue pour leur défense commune, et implorèrent par des messagers le secours du roi d'Angleterre. Rouen fut bientôt investi : la réponse de Jean, qui refusait son assistance, jeta les citoyens dans le désespoir , et une offre de soumission conditionnelle fut faite au roi de France. On stipula qu'à moins qu'une paix ne fût conclue ou que l'ennemi ne fut repoussé des murailles d'ici à trente jours, Philippe serai! reconnu comme seigneur immédiat de Rouen, et que les citoyens continueraient de jouir de leurs immunités accoutumées [1er juin],

poursuit-il , « le roi d'Angleterre soutient que le roi de France , en prescrivant l'exécution d'une injuste sentence , a péché contre lui. Il l'a donc averti de sa faute de la manière prescrite par l'Evangile ; et, n'obtenant point de réparation , conformément aux instructions de ce même Evangile , il en a appelé à l'Kglise. Comment pourrions-nous donc, tious que la divine Providence a placé à la tête de l'Eglise, refuser d'obéir au commandement divin! Comment pourrions-nous hésiter à procéder suivant la forme indiquée par le Christ lui-même!.. . Nous ne nous arrogeons pas le droit de jugement quant au fief : ce droit appartient au roi de France. Mais nous avons le droit de juger en ce qui concerne le péché ; et ce droit , il est de notre devoir de l'exercer contre le coupable quel qu'il soit.. La loi impériale a établi que si Tune des deux parties litigantes préfère le jugement du siège apostolique à celui du magistrat civil {upud Grat caus. ii,9, 1 , can. 3ô|, l'autre sera tenue de se soumettre à ce jugement. Mais, si nous faisons mention de ceci , ce n'est pas que nous fondions notre juridiction sur aucune autorité civile : Dieu nous a fait un devoir de reprendre l'homme qui tombe en péché mortel, et. s'il néglige notre réprimande, de le forcer à s'amender par les censures ecclésiastiques. En outre, les deux rois ont juré d'observer le dernier traité de paix ; et cependant Philippe a rompu ce traité La connaissance du parjure est universellement reconnue appartenir aux cours ecclésiastiques. A ce compte, nous avons donc aussi le droit d'appeler les parties devant notre tribunal » ( Cap. novil. 13, De juiHcHx). L importance de cet extrait doit faire excuser sa longueur. Il n'est pas besoin d'ajouter que les raisons du pape ne convainquirent ni le roi ni le clergé de France , et que la mission des deux légats fut totalement inutile.

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