Paris, 175, 176. West
Arques et Verneuil acceptèrent les mômes conditions, et ouvrirent également leurs portes au jour marqué. L'Anjou , le Maine et la Touraine suivirent l'exemple de la Normandie ; et ainsi, par le crime, l'indolence ou la mauvaise fortune de Jean , ces vastes et riches provinces furent de nouveau annexées à la couronne de France après une séparation de deux cent quatre-vingt-douze ans1.
Mais si Jean avait négligé de conserver ses États d'outre-mer, il parut décidé à les recouvrer. Dans un grand concile tenu à Winchester, il fut proposé et résolu qu'un dixième des chevaliers du royaume accompagnerait le roi, et servirait en Poitou aux frais des neuf autres* [9 avril 1205]. Mais, quoiqu'une flotte eût été préparée, quoique le jour de l'embarquement eût été fixé, puis retardé; quoique Jean se fut rendu à Porstmouth et eût môme misa la voile, les forces qu'il put rassembler furent si insuffisantes, qu'il revint à terre et abandonna l'entreprise [13 juin]. 11 se consola de ce désappointement durant l'été, en levant des amendes sur ceux qui avaient fait défaut; et l'année suivante [1206], s'étant assuré de la coopération de Guy, vicomte de Thouars, il passa la Manche avec une brillante armée et aborda à La Rochelle [8 juin]. Le château de Montauban fut investi, et bientôt Jean put se vanter d'avoir réduit en quelques jours une forteresse que Charlemagne n'avait pu prendre en sept ans. Il marcha ensuite sur Angers, et brûla encore une fois cette malheureuse ville [8 septembre]. Mais, après cet effort, il retomba dans son irrésolution et son apathie habituelles. Il leva le siège de Nantes pour livrer bataille à Philippe ; quand les deux armées furent en vue , il proposa une négociation [8 oct.] ; et dès que la négociation fut ouverte, il se retira avec son armée à La Rochelle. Philippe affecta d'être blessé du
1. Paris, 178. West. 265-6. Les monnaies en circulation contenaient un huitième d'alliage, et une grande partie avait été limée ou rognée. Dans un conseil tenu au mois d'octobre de cette année, on décida d'émettre, après Noël, une nouvelle monnaie, ayant la pureté et le poids légal «argent de u \in\enior n | , qui serait entouré d'un cordon pour empêcher la coutume de rogner. Quatre honin.es devaient être chargés d'examiner l'argent offert dans chaque marché. S'il avait été rogné, ils devaient le percer et le rendre au propriétaire , si c'était un écuyer, un fermier ou un paysan ; mais le garder pour le roi et mettre le propriétaire en prison si c'était un bourgeois ou un juif. La vieille monnaie ne devait plus passer, à moins qu'elle ne fût offerte par un commerçant étranger ou un orfèvre de croyance juive, et alors seulement en échange d'habits ou de vivres. La peine, pour avoir reblanchi la vieille monnaie, était la confiscation de l'argent et un amerciament au roi. Rot. Pat. 47, 54. Leg. sax. 359, 360.
2. Il est dit que ce conseil fut « archiepiscoporum , episcoporum , baronum , et omnium fidelium nosiromm. » Chaque chevalier devait recevoir deux shillings par jour. Si un ennemi débarquait sur la côte, tout homme en état de porter les armes devait joindre l'armée , sous peine de voir confisquer à tout jamais ses terres , s'il en avait; et, s'il n'en avait pas, de devenir, avec toute sa postérité , esclave à tout jamais , et de payer une capitation annuelle de quatre pence. Rot. Pat. 55