‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 565 sur 643 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

son front un simple cercle d'or nu lieu de la couronne, qui avait été perdue avec le reste des trésors royaux. Le lendemain il parut une proclamation dans laquelle le nouveau roi , déplorant la dissension qui s'était élevée entre son père et les barons, dissension qu'il voulait à jamais bannir de sa mémoire, promettait à tous ses sujets une pleine amnistie pour le passé, et leurs libertés légales pour l'avenir; requérait les tenanciers de la couronne de lui rendre hommage et jurer fidélité comme à leur légitime souverain, et défendait à toute personne de paraître en public pendant le mois suivant sans un bandeau blanc autour de la téte en l'honneur de son couronnement. Le soin de sa personne fut confié au comte de Pembroke, comte-maréchal, avec le titre de tuteur du royaume *.

Un grand conseil avait été convoqué à Bristol à quinze jours de date, et il y assista tous les évéques et abbés, plusieurs comtes et barons et nombre de chevaliers , qui prêtèrent serment d'allégeance, et accomplirent la cérémonie féodale de l'hommage [12 novembre]. Mais le grand objet de la réunion était de concilier les droits de la couronne avec ceux des sujets, de satisfaire aux demandes des barons opposants , sans léser trop profondément la prérogative royale. A cet effet, on revisa la Grande-Charte, et on la réduisit de soixante et un chapitres à quarante-deux. 1° On raya toutes les clauses de nature temporaire, ou qui regardaient personnellement le feu roi et ses adversaires. 2° On omit plusieurs clauses qui paraissaient trop empiéter sur les anciens droits de la couronne, particulièrement celles qui étaient relatives au droit de lever des aides et scutages et de convoquer le grand conseil , qui abolissaient les abus des forêts et forestiers, des garennes et garenniers, des sheriffs , baillis et autres officiers royaux ; qui exigeaient qu'avis fût donné aux parents avant le mariage de l'héritier; qui accordaient la liberté de sortie et d'entrée du royaume, et qui permettaient que les biens meubles des personnes qui mouraient intestat fussent partagés entre leurs parents après le payement de leurs dettes légitimes. Mais il fut nettement établi que ces dispositions n'étaient point rapportées. L'exécution en était seulement suspendue jusqu'à ce qu'elles pussent être soumises à l'examen d'une assemblée complète des barons des deux partis *. 3° On y apporta quelques améliorations. Il fut défendu au seigneur de prendre la garde de la personne et des terres de l'héritier tant qu'il n'aurait

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