CHAPITRE QUINZIÈME. fi
aux ennemis du roi et du royaume1. La charte fut de nouveau confirmée avec de nouvelles modifications. 11 fut arrêté que la veuve aurait pour douaire le tiers de toutes les terres qui auraient appartenu à son mari pendant leur mariage, à moins qu'il ne lui eût été alloué une part moindre à la porte de l'église ; qu'aucun homme libre ne pourrait légalement aliéner assez de sa terre pour se rendre incapable de s'acquitter de ses services envers le seigneur du fief; et , comme obstacle aux aliénations en main-morte , que nul ne pourrait donner ses terres à une maison religieuse pour les tenir ensuite de cette même maison; et que, de son côté, aucune maison religieuse ne pourrait recevoir de terres pour les louer ensuite au donateur. Les assises de darrein presentment furent renvoyées aux juges du banc ; les cours de comté eurent ordre de ne s'assembler qu'une fois par mois; la tournée du sheriff n'aurait plus lieu que deux fois par an, et l'examen du franc-pleige qu'à la Saint Michel. Enfin, il fut réglé que tous les hommes jouiraient de libertés égales, que l'escuage ou scutage serait levé de la même manière que sous le règne de Henri II , et que tout château bâti ou rebâti depuis le commencement de la guerre civile serait démoli immédiatement. En même temps, les chapitres relatifs aux forêts et garennes furent révoqués pour former un nouvel instrument appelé la Charte des Forêts [6 nov. 1217]. Par cette charte, toutes les forêts closes depuis la mort du roi Richard étaient rouvertes ; toutes les proscriptions pour délits forestiers encourues pendant la même période étaient rapportées ; la punition pour avoir tué la venaison du roi était commuée en une forte amende ou une année d'emprisonnement; les cours forestières étaient régularisées, les péages injustes abolis, et le droit de cultiver et améliorer leurs propres terres était confirmé aux tenanciers de domaines situés dans les forêts royales *. En outre, pour prévenir la diminution du revenu, on rendit une loi qui défendait aux ministres du roi, pendant sa minorité, d'apposer le grand sceau à aucune charte ou lettre de confirmation , de vente, d'aliénation ou de don à perpétuité, et qui déclarait à l'avance tous actes de cette espèce invalides et de nul effet 3.
Le dernier conflit avait engendré un esprit d'insubordination qui supportait avec impatience la contrainte de l'autorité légitime, et les barons des deux partis trahissaient fréquemment l'animosité
1. Dunst. !, 86. Gualo est appelé le « tutor et custos »» du roi. Abbrev, Placil 105. Rot. 3.