‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 595 sur 643 · CHAPITRE QUINZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIEME

grand-sénéchal ; du comte de Horeford , grand-connétable ; du comte - maréchal , et du comle de Gloucester. Les circonstances étaient favorables à leurs vues. Une moisson improductive avait été suivie d'une disette générale , et le peuple était disposé à attribuer sa misère, non à l'inclémence des saisons, mais à l'incapacité de ses maîtres1. Henri convoqua un grand conseil à Westminster [2 mai], et le troisième jour les barons s'assemblèrent dans la salle, armés de toutes pièces. Quand le roi entra, ils déposèrent leurs épées; mais Henri, alarmé de cet aspect inaccoutumé, s'écria : « Suis-je donc votre prisonnier? — Non, sire, repartit Roger Bigot ; mais votre partialité pour les étrangers et votre prodigalité ont plongé le royaume dans la misère. C'est pourquoi nous demandons que les pouvoirs du gouvernement soient délégués à un comité de barons et de prélats qui puisse réformer les abus et faire des lois salutaires. » Il s'ensuivit une altercation , et des paroles violentes s'échangèrent entre le comte de Leicester et Guillaume de Valence, un des frères du roi. Henri néanmoins jugea prudent de se soumettre ; et finalement il fut convenu qu'il prierait le pape d'envoyer un légat en Angleterre, et de modifier les termes auxquels il avait accepté le royaume de Sicile ; qu'il donnerait la commission de réformer l'État à vingt-quatre prélats et barons, dont une moitié était déjà prise dans son conseil et l'autre serait nommée par les barons eux-mêmes dans un parlement qui serait tenu à Oxford, et que, s'il observait fidèlement ces conditions, on prendrait des mesures pour payer ses dettes et soutenir les prétentions d'Edmond à la couronne des Deux-Siciles s.

Au jour marqué, le grand conseil, distingué dans nos annales sous le nom du « mad parliament » (parlement enragé), s'assembla à Oxford [1 1 juin]. Les barons, pour intimider leurs adversaires, s'étaient fait suivre de leurs tenanciers militaires, et prêtèrent serment de se soutenir fidèlement les uns les autres, et de traiter en «ennemi mortel » tout homme qui abandonnerait leur cause. On nomma le comité de réforme. Au nombre des douze membres choisis par Henri étaient son neveu, le fils de Richard, deux de ses frères utérins, et les grands officiers de l'État : les chefs de la faction firent partie des douze nommés par les barons. Chaque membre jura de réformer l'état du royaume à la gloire de Dieu, à l'avantage du roi et au bénéfice du peuple, et de ne souffrir qu'aucune considération

1. Wikes, 52. Le froment se vendit au prix presque inouï de 9 sh. le quarter (huit boisseaux). Richard envoya d'Allemagne quarante bâtiment* chargés de blé. Part. 626.

Page 1