‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 594 sur 643 · Taris, util, C · texte numérisé non relu

Taris, util, C

de l'accusé, exhala sa colère en termes immodérés. Dans le cours de l'altercation , le mot de traître sortit par inadvertance de sa bouche. « Traître! s'écria le comte; si vous n'étiez pas roi, vous vous repentiriez de cette insulte. — Jamais je ne me repentirai de rien autant, répliqua Henri, que de vous avoir permis de grandir et de vous engraisser dans mes États. » Leurs amis communs intervinrent et les séparèrent. Henri conféra le duché et le gouvernement de Guienne à son tils Édouard ; mais le comte retourna dans cette province, et ne voulut pas céder ses lettres patentes sans une somme considérable comme compensation pour les années restantes de la concession. Craignant l'inimitié du roi, il se retira en France, et plus tard il fut réconcilié avec lui par la médiation de l'évêque de Lincoln *.

Quoique Richard se fût fréquemment uni aux barons pour tenir tôle à son frère, il ne se laissa jamais entraîner à empiéter sur les justes droits de la couronne [1236]. Il se distinguait autant par son économie que Henri par sa profusion, et le soin avec lequel il ménageait son revenu lui donna la réputation d'être le prince le plus opulent de l'Europe. Cependant il se laissa éblouir par l'éclat de la royauté, ot sacrifia imprudemment sa fortune à son ambition. Au commencement de l'année 4256, les archevêques de Cologne et de Mayence, ainsi que l'électeur palatin, l'élurent à Francfort roi des Romains ; et quelques semaines après, l'archevêque de Trêves, le roi de Bohême., le duc de Saxe et le marquis de Brandebourg, les quatre autres électeurs, donnèrent leurs suffrages à Alphonse, roi de Castille*. Il est étrange que Richard, qui avait sous les yeux l'exemple de la Sicile et la certitude de rencontrer un puissant rival, ait accepté cette offre ; mais on lui dit que ses richesses assureraient le succès. Une députation de prélats et de nobles arriva pour le conduire à ses États imaginaires [18 déc] ; et le nouveau roi des Romains fut couronné à Aix-la-Chapelle en présence de la plupart, des princes de l'empire3. Ce fut néanmoins une heure fatale que celle où Henri partit pour l'Allemagne [17 mai 4 257]. Les barons mécontents, n'étant plus intimidés par sa présence, s'associèrent pour réformer l'État sous la direction du comte de Leicester,

1. Paris, 400, 700, 713, 721, 722, 743. Le roi avait originairement conféré le duché de Guienne à son frère Richard, mais il le lui reprit à la naissance du prince Edouard. Richard, depuis lors, s'opposa toujours au roi dans tout ce qui était relatif à ce pays. Paris, 722.

2. Wikes, 51, nous donne les différentes sommes promises aux sept électeurs en cette occasion , mais il est certainement dans l'erreur sur plusieurs des princes qu'il appelle électeur;. ; comme il est évident d'après la lettre du pape citée par Spondanus, p. l\t&.

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