CHAPITRE QUINZIÈME. C
ou ne pouvaient pas résider sur leurs bénéfices. Les personnes présentées se plaignirent, les protecteurs tonifièrent, les ministres de la couronne menacèrent; mais ni plaintes, ni reproches, ni menaces ne purent ébranler la résolution de Grosseteste *. Il éprouva de plus redoutables difficultés dans la visite de son diocèse. Les laïques se mirent à l'abri de ses enquêtes sous la protection des cours civiles; les corporations cléricales et monastiques alléguèrent l'ancienneté de la coutume ou les exemptions du pape, et toutes les parties en appelèrent à la protection du roi et à l'équité du pontife. Pour détruire ou surmonter l'opposition qui s'était formée contre lui, il en coûta à l'évêque beaucoup d'ennui et de dépenses, plusieurs procès tourmentants, et deux voyages à la cour du pape (U45 et 4250]. Innocent IV non-seulement le traita avec égard, mais il lui accorda ses demandes principales, et lui délégua les pouvoirs qui parurent nécessaires pour la réforme de son diocèse Son chapitre fut amené à reconnaître à l'évêque non-seulement une juridiction nominale, mais une juridiction effective. Il visita les couvents et les monastères, déposa les supérieurs négligents ou incapables, et remit en vigueur l'observance des règles monastiques * avec une exactitude qui lui valut l'honneur d'être injurié par l'historien de Saint-Albans 4.
Dans ses négociations avec la cour de Rome, Grosseteste montra une égale inflexibilité de caractère. Personne, sans doute, ne professait uoe plus profonde vénération pour les successeurs de saint Pierre, ou n'avait une idée plus haute de leurs prérogatives. Il parait, d'après ses ouvrages, qu'il donnait aux Décrétalcs force de loi chez toutes les nations chrétiennes; qu'il défendait comme la cause de Dieu toutes les immunités qu'elles avaient conférées au