‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 632 sur 643 · Apud Paris , 1145 , et pone adversaria · texte numérisé non relu

Apud Paris , 1145 , et pone adversaria

2. Dans ce synode , un ecclésiastique de Tordre des diacres fut convaincu d'apostasie, livré au pouvoir séculier, et condamné à être brûlé. Il s'était laissé circoncire, afin de pouvoir épouser une juive. C'est, je crois, le premier exemple d'une peine capitale en Angleterre pour cause de religion ; mais il arriva long- temps avant le statut «De hœretico co*r»burendo. » Wikes, 39. Waverley. 1K7.

fut avec une répugnance sincère qu'il l'accepta. Il sentait que les scrupules de sa conscience ne lui permettraient pas de tolérer les désordres du siècle, et que la douceur de son caractère ne le rendait pas propre au sévère office de réformateur. L'expérience justifia ses craintes; beaucoup de gens désapprouvèrent son zèle, et les moines de sa propre église contre-carrèrent souvent et parfois déjouèrent ses meilleures intentions. H lutta plusieurs années contre ces difficultés; à la tin il y succomba. Craignant de paraître approuver par sa présence les abus auxquels son autorité ne pouvait remédier, il s'exila volontairement d'Angleterre, choisit pour sa résidence le monastère de Pontigny en France, et mourut Tannée suivante à Soissy, où il s'était rendu pour respirer un meilleur air [16 nov. 1240]. Ses adversaires mêmes reconnurent l'innocence de sa vie et la droiture de ses motifs; et, six ans après sa mort, il fut canonisé par Innocent IV avec l'approbation unanime des évêques d'Angleterre et de France *.

Le troisième nom que je citerai est celui d'un prélat à l'histoire duquel la partialité des écrivains modernes a attaché un intérêt considérable. Robert Grosseteste fut redevable de son éducation à la charité du maire de Lincoln, et par ses progrès il récompensa amplement le discernement de son bienfaiteur, ii enseigna à Oxford avec un succès sans bornes. Dans la liste de ses ouvrages on trouve des traités sur presque toutes Ira branches de la science; et le moine Bacon (juge compétent pour l'époque) le déclara parvenu à la perfection des connaissances divines et humaines*. D une stalle de prébendier il fut promu au siège épiscopal de l'église de Lincoln |1225]; et un diocèse étendu lui offrit un champ libre pour ses talent^ et les efforts de son zèle. Avec les mêmes vues que son métropolitain, il apporta dans la lutte un caractère très-différent, une résolution d'esprit qu'aucune difficulté ne pouvait effrayer, qu'aucun revers ne pouvait dompter. Quand cet aimable prélat lui conseilla de se désister d'une entreprise impraticable et de patienter jusqu'à un moment plus favorable, il répliqua qu'il ferait son devoir et qu'il en laisserait les conséquences au ciel. Il s'était persuadé que tous les désordres du troupeau pouvaient, en fin de compte, être attribués à la négligence ou à l'incapacité du pasteur; et, basant sa conduite sur ce principe, il refusa invariablement l'institution à tout bénéficiaire déjà pourvu, aux ecclésiastique* employés dans les cours judiciaires ou à la perception des revenus, à tous ceux qui, par inclination ou par position, ne voulaient

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