CHAPITRE DEUXIÈME
field, entre le Don et la Torre. L'armée northumbre fut mise en déroute, et Edw in périt avec la plus grande partie des siens. Des deux fils qu'il avait eus de sa première femme, Quoenburge, fille de Ceorl, l'un, Orfrid, fut tué avec lui; l'autre, Eadfrid, implora la protection de son parent Penda, qui ensuite l'assassina au mépris de la foi jurée. Edilberge, avec ses enfants, et Paulin se sauvèrent par mer à la cour de son frère, dans le Kent*.
Les confédérés se livrèrent sans merci à toute la licence de la victoire. Ils différaient de religion : car les Bretons étaient chrétiens, et les Merciens idolâtres; mais ils étaient également avides d'assouvir leur ressentiment sur les vaincus, les uns pour venger les anciennes injures faites à leur pays, les autres pour punir les apostats d'avoir abandonné le culte de leurs pères. Les Bretons furent les plus féroces. Ils n'épargnèrent ni l'âge ni le sexe, et leur cruauté, au lieu de se repaître de meurtre , se complaisait à torturer leurs captifs. Après avoir répandu la dévastation d'un bout de la contrée à l'autre , ils se séparèrent. Ceadwalla resta pour exterminer entièrement les Northumbres, ainsi qu'il s'en était vanté [A. D. 634]. Penda entra avec ses Merciens sur le territoire des Est-Angles. Sigeberl, leur roi, s'était depuis peu retiré dans un monastère et avait cédé les honneurs et les soins de la royauté à son cousin Egeric; mais les Est-Angles, alarmés de l'approche du danger, redemandèrent à grands cris le vieux monarque qui les avait si souvent conduits à la victoire. Il quitta avec répugnance la tranquillité de sa cellule pour se mêler au tumulte du combat. Mais le moine royal refusa de prendre des armes, comme incompatibles avec sa profession, et ce fut avec une baguette qu'il dirigea les opérations de l'armée. La fortune des Merciens l'emporta, et Sigebert ainsi qu'Égeric périrent au service de leur pays*.
OSWALD, SIXIEME BRETWALDA.
La mort malheureuse d'Edwin rompit pour peu de temps l'union des royaumes northumbres. Chez les Deiriens , la famille d'^Ella conserva son ascendant; et le sceptre fut placé dans les mains , non des enfants d'Edwin , mais de leur cousin Osric, prince d'un âge mûr et guerrier expérimenté. En Bernicie le souvenir d'Ida inspirait toujours de la reconnaissance, etEanfrid, l'ainé des fils d'Edilfrid, revenu des montagnes de la Calédonie, qui lui avaient servi de retraite, monta sur le trône de ses ancêtres. Chacun de