‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 69 sur 643 · Bed. n, 20; m · texte numérisé non relu

Bed. n, 20; m

ces princes avait anciennement reçu le baptême : Osric, de Paulin ; Eanfrid, des moines de Saint -Col umba , à Icolmkill,et chacun d'eux retomba avec une égale facilité dans les erreurs du paganisme. Si leur ambition fut satisfaite de la possession de la royauté, ils la payèrent promptement de leur sang. Ceadwalla continuait ses ravages. Il était dans la ville d'York, quand Osric, accouru pour le surprendre, fut attaqué lui-même à r improviste et resta sur la place. Eanfrid, épouvanté du sort d'Osric et de la renommée de Ceadwalla , alla avec douze des siens seulement trouver le Breton, sollicita la paix, et fut traîtreusement mis à mort. Dans leur pieuse indignation, les Northumbres rayèrent les noms de ces princes apostats de la liste de leurs rois, et l'époque où ils régnaient fut distinguée dans leurs annales par ce terme expressif : « l'année malheureuse »

Par la mort d'Osric et d'Eanfrid, le devoir de venger sa famille et son pays retomba sur Oswald, le plus jeune des fils d'Edilfrid (635). Poussé par le désespoir, il se mit, avec une troupe peu nombreuse, mais résolue, à la recherche de l'armée bretonne, et au point du jour il la découvrit négligemment campée dans le voisinage de Hexham. Oswald n'avait pas imité l'apostasie de son frère. Par son ordre, on fit à la hâte une croix de bois, qui fut fixée en terre; et alors, se tournant ver» son armée, il s'écria : « Soldats, fléchissons les genoux, et demandons au vrai Dieu, au Dieu vivant, de nous protéger contre l'insolence et la férocité de nos ennemis; car il sait que notre cause est juste et que nous combattons pour le salut de notre pays. » À son commandement , ils s'agenouillèrent pour prier ; de la prière ils coururent au combat, et la victoire fut la récompense de leur piété et de leur valeur. Ceadwalla fut tué, et son invincible armée anéantie. Du commun consentement des Berniciens et des Dciriens, Oswald prit le gouvernement des deux nations. Il était allié à chacune d'elles: car, si par son père il descendait d'Ida ; par sa mère, Acha, il comptait jElla au nombre de ses aïeux a.

La piété d'Oswald, qui attribua son succès à l'intervention du ciel, le porta à solliciter de ses anciens instituteurs d'autres missionnaires, qui pussent instruire le peuple dans les doctrines de l'Évangile. Le premier qui fut envoyé, Corinan, moine d'un caractère morose et rigide, retourna dégoûté dans son monastère ; mais lorsqu'il accusa en présence de la communauté l'ignorance et la barbarie des Northumbres , il reçut un reproche sévère et sensé :

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