‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 91 sur 643 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

dépouillé par lui do tous les fiefs qui appartenaient à son siège sur le territoire de la Mercie. L'inimitié* d'Offa passa de l'homme à l'église que celui-ci gouvernait. « Pourquoi, demanda le roi, les prélats de Mercie seraient-ils soumis à la juridiction d'un évèque de Kent? Pourquoi le plus puissant des royaumes saxons n'auraitil pas un métropolitain national? » Conformément à ses désirs, on fit dans le synode la proposition que la juridiction du siège de Canterbury fut bornée aux trois royaumes de Kent, de Sussex et de Wessex ; qu'un des èvéques de Mercie fût élevé au rang archiépiscopal , et que tous les prélats entre la Tamise et le Humber fussent soumis à son autorité. Jaenbercht n'acquiesça pas sans lutte à la dégradation de son église; mais l'influence d'Offa était irrésistible, et Higebert de Lichfield fut choisi pour être le nouveau métropolitain1. Il était nécessaire d'obtenir encore l'approbation du pape. Les envoyés d'Offa insistèrent sur la grande étendue de la province de Ganterbury, et sur l'utilité de nommer un métropolitain du pays pour diriger les églises d'un royaume aussi puissant que la Mercie. Les avocats de Jaenbercht alléguèrent les lettres des anciens pontifes, une prescription de deux siècles, et l'injustice de dépouiller un innocent prélat de plus d'une moitié de sa juridiction; Adrien acquiesça aux désirs du roi'; le pallium et la dignité archiépiscopale furent conférés à Adulph, successeur de Higebert au siège de Lichfield ; et Jaenbercht fut obligé de se contenter de l'obéissance des évèques de Rochester, Londres, Selsey, Winchester et Sherburne2.

Avant la fin du concile, Egferth, filsd'Offa, fut couronné solennellement, et, à dater de cette époque, régna conjointement avec son père. En mémo temps le roi remit aux légats une charte dans laquelle il s'engageait par serment, lui et ses successeurs, à envoyer annuellement la somme de trois cent soixante-cinq mancuses à l'église de Saint-Pierre de Rome, tant pour subvenir aux frais du culte public que pour soutenir les pèlerins indigents5.

Alcuin, le précepteur anglo-saxon de Charlemagne, avait servi d'intermédiaire pour établir une correspondance entre son royal élève et le roi de Mercie *. D'après les lettrés qui existent encore,

1. Malm. f. 15. Wilk. Con. p. 152, 164. Ce fut, dit la Chronique saxonne, un u gefiiljutlic synodn ( un turbulent synode), p. 63. On n'est pas d'accord sur la position de Calcuith ou Calcythe , où il fut tenu. Je suppose que c'est Chelsey, qu'on appela Chelcetc jusqu'à la fin du quinzième siècle. Lcl. Col. îv, 250.

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