‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 92 sur 643 · Ang. Sax. I, 460. Malms. f. 15. Spel. Con · texte numérisé non relu

Ang. Sax. I, 460. Malms. f. 15. Spel. Con

3. Ang. Sax. i, 461. Chron. sax. p. 64. Kuntingdon (f. 197) dit qu'Egforth fut couronné roi de Kent; mais, sur ce point , il est en désaccord avec tous les autres historiens. — La mancuse valait trente pennies.

4. Dans ses lettres , Charles se donne le titre pompeux de u le plus puissant des

il paraît que plusieurs (1rs thanes qui s'étaient opposés à l'avéncment d'Offa, voyant qu'il n'était pas sûr pour eux de rester en Angleterre, avaient cherché un asile sur le continent. L'humanité de Charlemagne refusa de les abandonner au ressentiment de leur ennemi. Ceux qui protestaient de leur innocence, il les envoya à Rome se justifier devant le pape ; et les autres, il les garda sous sa protection, non pas, dit-il, pour les encourager dans leur rébellion, mais dans l'espoir que le temps adoucirait le ressentiment d'Offa, et que les fugitifs pourraient rentrer en grâce. Une fois il en confia quelques-uns à la loyauté d'Ethelheard , successeur de Jaenbercht au siège de Cantcrbury ; mais à la condition expresse qu'il les renverrait en France sains et saufs, si ()ffa ne donnait pas les assurances les plus solennelles qu'il leur pardonnerait1. Un autres ujet de discussion s'éleva relativement aux intérêts commerciaux des deux nations. On se plaignait que la cupidité des manufacturiers anglais les avait poussés à diminuer la longueur des robes de laine qu'ils exportaient sur le continent; et, à fqrce de vigilance, les Français avaient surpris plusieurs aventuriers qui , déguisés en pèlerins, essayaient d'en imposer aux employés des douanes*. Ces difficultés furent réglées à l'amiable ; mais une nouvelle circonstance interrompit momentanément l'harmonie qui existait depuis tant d'années. Charlemagne, comme preuve de son amitié, avait proposé un mariage entre son fils naturel Charles et une fille d'Offa. Le Mercien , pour prix de son consentement, demande une princesse française pour son fils Egferth. Si on réfléchit que les deux monarques s'étaient traités jusque-là sur un pied d'égalité parfaite, on ne trouvera rien de précisément offensant dans une telle demande. Cependant elle blessa l'orgueil de Charlemagne; il rompit toute relation avec la cour de Mercie, et le commerce avec les trafiquants anglais subit les plus rigoureuses prohibitions. Mais Gerwold, le receveur des douanes, dont les intérêts souffraient probablement de cette interruption, parvint à apaiser son souverain, et

rois chrétiens de l'Est; » et en même temps , pour flatter la vanité d'Offa , il l'appelle u le plus puissant des *>is chrétiens de l'Ouest. » Ep. Car.Magn. apud Bouquet, tom,. v, p. 620.

1. Cette lettre à Ethelheard est si honorable pour Charlemagne, que je ne me justifierais pas de n'en pas transcrire.une partie : »Hos miserospatriœsuœexules vestr» direximus pietuti , depreeantes ut pro ipsis intercedere uignemini apud fratrem meum carissimum Ofinnum rcgein. — His si pacem precan valeatis , remaneant in patria. Sin vero durius de illis (rater meus responduat, illt sad nos remitt te illœsos. Melius est enini pen-Rrinari quam perire, in aliéna servire pntria quam in sua mori. Confldo de bonitate fratris mei, si obnixe pro illis intercedatis , ut bénigne suscipiat eos , pro nostro amorc, vel magis pro Christi charitate, qui dixit : Remittite, et remittetur vobis. » Int. epist. Alcuini , ep. 61.

2. Malm. f. 17. Lel. Collect. i, 402. Wilk. Con. i, 158. Bouquet, v, 627.

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Alcuin, qui était chargé de négocier avec le roi de Mercie, réussit à rétablir des rapports d'amitié entre les deux cours K

Les plus puissants princes saxons ambitionnaient une alliance avec la famille d'Offa. Brihtric et Ethcired, rois de Wesscx et de Northumbrie, avaient déjà épousé ses filles Eadburge et /Elflède ; et Ethelbert , le jeune roi des Est-Angles , aspirait à la main de leur sœur Etheldride. Ce prince aimable et accompli (c'est ainsi qu'on le dépeint), d'après l'avis de son conseil, se rendit en Mercie avec tme suite nombreuse. [A. T). 792.] Il s'arrêta sur la frontière, et envoya en avant un messager chargé de présents et d'une lettre annonçant l'objet de sa visite. La réponse fut une gracieuse invitation , accompagnée d'une promesse de sûreté. A son arrivée il fut reçu avec les égards qui convenaient à son rang et les témoignages d'affection les plus flatteurs pour ses espérances. Le jour se passa en festins et en réjouissances; le soir Ethelbert se retira dans son appartement; mais bientôt il fut invité par Wimbert, un officier du palais, à se rendre auprès dOffa, qui voulait conférer avec lui sur des matières d'importance. Le prince, qui était sans soupçons, suivit son guide; mais, dans un passage obscur, il fut entouré de scélérats qui lui ôtèrcnt la vie. A cette nouvelle, les gens de sa suite montèrent à cheval et s'enfuirent. Etheldride, trompée dans ses espérances de bonheur en ce monde, quitta la cour et se cloîtra dans l'abbaye dé Croylarid ; et Offa, enfermé dans son eabinet, s'efforça , par des démonstrations de chagrin, de persuader au monde son innocence. Sa reconnaissance pour le fondateur de son abbaye a poussé le moine de Saint- Albans à rejeter le crime du roi sur la reine Cynédride ; tous les autres écrivains disent bien qu'elle suggéra cette infâme action à son mari, mais ils le représentent comme l'ayant approuvée ; et, s'il est vrai qu'il annexa immédiatement l'Est-Anglie à ses États, on ne peut guère douter que l'homme qui recueillit lé profit du meurtre n'en eût ordonné l'exécution1.

Offa honora la mémoire du prince dont il avait répandu le sang én lui érigeant un tombeau superbe et en faisant de riches donations à Hereford, où reposaient ses restes. Vers la même époque il dota la magnifique abbaye de Saint-Albans. Mais son cœur était

1 . Chron. Fontanetten. e. xy ; apud Bouquet , v, 315. Epist. AU. ad Colc. iMd. p~ 607.

2. Westminster ne fait que copier le moine de Saiht-AIhans , qui , outre qu'il rejette le crime sur la reine , fait tomber Ethelbert par une trappe dans une eav"e , où il fut égorgé. Vit. Off. il, p. 980. Wallingford ( p. 630) , sur quelque ancienne autorité, le fait périr sur le champ de bataille. uOccidit in campestri indicto hello. n Voyez Chron. sa*. 60 Mal m. 10. Etbelw. 477. Asse-r. etnn. 154. BiomptoA, 749-752.

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rongé de remords et son corps affaibli par la maladie. Au bout de deux ans il suivit Ethelbert dans la tombe (10 août), et fut enterré près de Bedford, dans une chapelle ', sur les bords de l'Ouse. C'était une tradition dans le voisinage que, quelques années après, la rivière avait débordé et que ses os avaient été emportés par l'inondation1.

Egferth, qui avait été couronné neuf ans auparavant, succéda à son père. Les anciens écrivains abondent en réflexions sur les malheurs d une famille dont l'établissement avait coûté tant de crimes à son fondateur. Egferth mourut sans enfants après avoir été cent quarante et un jours en possession de la couronne. Quant à ses sœurs, ^Elflède devint veuve après peu de temps de mariage ; Eadburge mourut en Italie dans la pauvreté et dans l'exil ; Edilthride finit ses jours dans la retraite à Croyland. Peu d'années après l'assassinat d'Ethelbert, Offa et sa race avaient pour jamais disparu *.

Le trône de Mercie fut ensuite occupé par Cenulf, qui descendait d'un autre frère de Penda. [A. D. 796.] Au commencement de son règne, une singulière révolution dans le Kent dirigea son attention vers ce royaume. Par la mort d'Aluric, la race de Hengist s était éteinte, et la perspective d'un trône éveilla l'ambition de plusieurs compétiteurs. Le candidat qui réussit fut un ecclésiastique allié aux descendants de Cerdic, Eadbert Pren, qui, avide de grandeurs, préféra la couronne à la tonsure3. Ethelheard, archevêque de Canterbury, vit avec chagrin son élévation; mais s'il traita Eadbert en apostat , Eadbert" le considéra comme rebelle ; et le métropolitain, hors d'état de maintenir la discipline des canons, consulta le pontife romain Léon III, qui, après mûre délibération, excommunia le roi, et le menaça, s'il ne retournait à la profession ecclésiastique, d'exhorter tous les habitants de la Bretagne à se liguer pour punir sa désobéissance 4. Cenulf se chargea de ce soin ; et Eadbert, convaincu que la résistance serait vaine, tâcha de tromper la vigilance et Panimosité de ses ennemis. Cependant il fut pris; on lui arracha les yeux et on lui coupa les mains. Cu-

1. Je n'ai pas parlé du prétendu voyage d'Ofla à Rome ; car il n'aurait pu échapper à l'attention de tous les historiens antérieurs au moine peu véridique de Saint-Albans. L'établissement du romescot ( denier de saint Pierre I lui est attribué par Huntingdon : je soupçonne l'écrivain d'avoir confondu cet impôt avec la donation annuelle de 365 mancuses déjà mentionnée.

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