CHAPITRE DEUXIÈME
vier 1308], et détenus en lieu sur mais honorable ». Leur procès dura trois ans; et s'il est permis d'en juger d'après les informations prises en Angleterre, tout en condamnant quelques individus, nous devons certainement acquitter Tordre2. Le résultai des enquêtes faites dans les différents pays fut mis sous les yeux du pape au concile de Vienne ; et après de longues délibérations il publia une bulle qui supprimait l'institut, non par une sentence judiciaire qui en établit la culpabilité, mais par la plénitude de son pouvoir, et comme mesure d'utilité plutôt que* de justice :i [22 mars 1312], Afin que l'intention première desdonateurs continuât d'être remplie, il fut décidé [2 mai] que les propriétés des templiers seraient transférées aux chevaliers hospitaliers; mais quand la bulle du pape, qui contenait celte disposition, arriva en Angleterre [1er août], Edouard en suspendit l'exécution pendant plus d'une année; et s'il finit par y donner son assentiment [24 nov. 1313], ce ne fut pas sans avoir protesté qu'il lo faisait dans des vues d'utilité nationale, et sans abandonner son propre droit ni le droit d'aucun de ses sujets aux possessions en question4. Onze ans plus tard, il consulta les juges, qui répondirent que par la loi de la terre, toutes les possessions des templiers étaient retournées comme aubaines aux seigneurs des fiefs ; et immédiatement [132^i] le parlement vota un acte qui les assignait aux hospitaliers, pour les mêmes fins qu'on s'était proposées originairement en les donnant aux templiers s.
1. Un des secrétaires du roi porta au shériff de chaque comté l'ordre de prendre un certain nombre d'hommes honnêtes et loyaux , et de jurer avec eux d'exécuter les ordres cachetés que le porteur lui remettrait. Ces ordres alors furent ouverts, et autorisaient l'arrestation des templiers. Rym. m, 34, 43.