CHAPITRE TROISIEME
ÉDOUARD III
* PRINCES CONTEMPORAINS
Emp.d'Ailem. Rois d'Écosse. Rois de France. Rois d'Espagm.
Louis IV, . 1347. Robert I.. 1329. Charles IV.. 1328. Alphonse XI. 1350.
Charles IV. David IL 1370. Philippe VI. 1350. Pèdre .... 1368.
Robert II. Jean 1364. Henri II.
Charles V.
PAPES
Jean XXII. 1314. Benoit XII. 1312. Clément VI. 1352. Innocent VI. 1362.
Urbain V. 1370. Grégoire XI.
Campagne contre les Ecossais. — -Exécution du comte de Kent. — Chute et exécution de Mortimer. — Baliol recouvre et perd l'Ecosse. — Edouard réclame la couronne de France. — Ses inutiles expéditions en Flandre. — Victoire sur mer. — Trêve. — Reprise des hostilités. — Victoire de Crécv. — Victoire de Nevil's-Cross. — Reddition de Calais. — Nouvelle trêve. — Peste. — Les flagellants.
Isabelle et Mortimer jouirent quelques années du fruit de leurs crimes. La jeunesse du roi leur permettait de conserver sur son esprit l'ascendant qu'ils y avaient exercé , et lô meurtre de son père les mettait à Pabri-du ressentiment d'un époux outragé. La plus grande portion des biens confisqués sur les Spenser et leurs partisans échut à Mortimer avec le titre de comte de March ; et là reine obtint vingt mille livres pour le payement de ses dettes, et un revenu annuel de la même somme pour ses dépenses futures. Le parlement passa [3 février 1327] un acte d'indemnité pour toutes les violences commises pendant la révolution; les jugements rendus contre le feu comte de Lancaster et ses adhérents furent cassés 1 ; les survivants, ou les héritiers des défunts, furent remis en possession de leurs biens héréditaires ; la grande charte et la charte des forêts furent confirmées, et certains abus abolis;
et on nomma un conseil de régence, composé de quatre évêques,
1. Rym. îv, 245-264. Rot. Pari n, 3-6, 52. Knyght. 2556. La sentence rendue'contre le comte de Lancaster fut annulée , parce qu'il n'avait pas été traduit à la cour du roi , ni jugé par ses pairs, « quoique ce fût en temps de paix. » Comment pouvait-ce être, lorsaue avec des forces considérables il avait assiégé le château de Tickill et pris la ville de Burton ? La réponse fut que « la chancellerie et les cours de justice étaient encore ouvertes , et que le roi n'avait pa« déployé sa bannière. Rot. Pari, n, 4, 5. New Rym. n, p. 731.
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quatre comtes et six barons. Toutefois, la plupart de ceglnembres étaient du parti de la reine , et ceux dont elle ne disposait pas furent graduellement écartés par les menées de cette femme sans principes et de son amant.
Un événement inattendu déconcerta les premières mesures du nouveau gouvernement. Quelques années seulement de la trêve d'Ecosse étaient expirées; mais l'état des affaires de l'Angleterre offrait au roi d'Ecosse une tentation a laquelle il n'eut pas la vertu de*résister. Au mépris de ses engagements, il se détermina a arracher, s'il était possible, au jeune roi une renonciation solennelle à la suprématie réclamée par son père et son grand-père. Instruit des intentions de Bruce, le gouvernement anglais eut recours à toutes sortes d'expédients pour détourner les hostilités. Les seigneurs des Marches eurent ordre d'observer les articles du dernier traité [15 février] : le nouveau roi le confirma solennellement [6 mars] ; on entra en négociations avec le monarque écossais; et il fut enfin convenu que les ambassadeurs s'aboucheraient dans les Marches, et traiteraient d'une paix définitive [23 avril]. Mais Bruce somma ses tenanciers militaires de le rejoindre au même lieu et le même jour; et Edouard, pour être prêt à tout événemeut, fut forcé de donner les mêmes ordres aux tenanciers de la couronne et aux gens des comtés du nord. Les négociateurs eurent une entrevue : les Ecossais insistèrent sur leurs conditions; et lorsque les Anglais hésitèrent, une armée de vingt-quatre mille hommes, sous la conduite de Randolf et de Douglas, passa la frontière [1er juin], et ravagea le comté de Cumberland1.
Edouard perdit six semaines h York a attendre l'arrivée de ses troupes. A la suggestion de Mortimer, il avait acheté, pour la somme de quatorze nulle livres, les services de Jean de Hainaut et d'un corps d'étrangers , qu'on logea dans les meilleurs quartiers, et à qui on fit faire la meilleure chère. Le dimanche de la Trinité [7 juin], le roi traita cinq cents chevaliers, et la reine soixante dames, à leurs tables respectives; mais la fête fut interrompue par l'avis d'un tumulte qui régnait dans la ville. L'insolence des étrangers avait irrité les archers, du Lincolnshire, et, dans un combat qui dura jusqu'à la nuit, plusieurs centaines
1. Voyez Ry mer, iv, 256, 270, 271, 280, 287, 293. Lord Huiles [Attnah, 116-118) parait avoir mal compris ces documents qui prouvent évidemment que l'infraction à la tr«ïve doit être mise à la charge des Ecossais. A la même époque, les tribus irlandaises fondirent sur le pale Anglais en Irlande (Ryrà, iv, 29o ) , mais on ignore s'il y avait quelque liaison entre les deux invasions.