‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 120 sur 563 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

minorité de David offrait l'occasion la plus favorable de recouvrer la suprématie qu'il n'eût pas rendue si Bruce n'eût profité de . circonstances semblables pour envahir l'Angleterre au mépris de son serment. Néanmoins ses conseillers, quoiqu'ils pussent désirer secrètement le succès de l'entreprise, résolurent de ne tolérer aucune infraction manifeste au traité ; et dès qu'il fut constaté que les « querelleurs » (on appelait ainsi les seigneurs dépossédés) rassemblaient des troupes pour envahir l'Ecosse, on enjoignit aux shérifîs des cinq comtés du nord d'empêcher, sous peine de confiscation et d'emprisonnement, le passage d'hommes armés, à travers les Marches, ou la consommation d'aucun acte qui pourrait être considéré comme une violation de la paix [24 mars]. Déconcertés par ces ordres, Balliol et ses alliés furent obligés de modifier leur plan; et ayant réuni secrètement leurs forces h Holderness, ils partirent avec environ trois mille hommes de Ravenspur, port situé à l'embouchure du Humber. Edouard était alors à Wigmore dans les Marches de Galles; mais, h l'arrivée de cette nouvelle, il nomma [9 août] le lord Percy son lieutenant dans le nord, avec plein pouvoir de punir toute infraction faite à la paix par ses propres sujets, et de repousser les Ecossais s'ils passaient la frontière dans des intentions hostiles

Quand on lit les aventures de Baliol, on peut se croire transporté dans les régions de la fiction. Il aborde [6 août] à Kinghorn dans le Fife, envoie sa flotte a l'embouchure du Tay, et se hâte d'aller au-devant d'un ennemi dont les forces sont vingt fois plus grandes que les siennes. A Dumferline, il apprend que. le comte de Marre, le nouveau régent (car Randolf était mort), est à Duplin, etle comte de March à Auchterarder, chacun à la tête de trente mille hommes. Il se jette hardiment entre eux [11 août], traverse l'Earn au milieu de la nuit, et passe au fil de Tépéc les Ecossais endormis et sans défense, jusqu'à ce que les premières lueurs du jour permettent au régent de découvrir l'ennemi. Dans sa soif de vengeance, ce seigneur se précipite dans un défilé, où ses nombreuses troupes, ne pouvant se mettre en ordre, offrent aux Anglais une victoire facile [12 août]. Pour ne point ébranler la foi du lecteur, je n'énumererai pas les milliers d'hommes tués; mais la mort du comte de Marre, de beaucoup de barons et de presque tous les hommes d'armes, prouve suffisamment la perte énorme des Ecossais. Des landes de Duplin, Baliol marche ou plutôt vole à Perth, tandis que le comte de March, qui n'avait pas

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