CHAPITRE TROISIÈME. m
vertie en statut : le montant des gages à donner aux différentes classes fut déterminé , et de nouvelles peines furent établies contre les délinquants.
La piété du siècle attribua cette épidémie meurtrière au courroux du Tout-Puissant ; mais dans ses spéculations sur les causes qui provoquèrent ce courroux, chaque écrivain semble avoir été dominé par des préjugés personnels ou des considérations locales. Tous cependant saisissent cette occasion de déclamer contre le luxe extravagant de la toilette, contre les chaperons de soie et les habits de couleur mi-partie que portaient les hommes, leurs larges manches et leurs tailles serrées, l'indécente petitesse de leurs hauts-de-chausses, la longueur ridicule de leurs souliers pointus, leur barbe touffue devant, et leurs- cheveux en queue derrière *. Quelques-uns même eurent la témérité d'étendre leur censure jusqu'aux femmes, qu'ils affectèrent de représenter comme ayant renoncé a la modestie naturelle de leur sexe pour singer les manières et adopter en grande partie le costume des hommes. Aucune dame de distinction, s'il faut les en croire, ne pouvait monter un palefroi ; il lui-fallait un fougueux cheval de bataille. . Sa tête était entourée d'un turban, ou couverte d'une espèce de mitre* d'une hauteur énorme, du sommet de laquelle des rubans flottaient dans l'air comme les banderolles au haut d'un mât; sa tunique était moitié d'une couleur et moitié d'une autre ; une ceinture chargée de broderies et de riches ornements en or serrait sa taille, et soutenait par-devant deux poignards contenus dans deux petites poches. Ainsi vêtue, elle allait a cheval, en compagnie de son chevalier, aux joutes et tournois, prenait part aux divers amusements des hommes, et par sa légèreté et son indiscrétion fournissait pâture aux amateurs et débiteurs de médisances 2. Quelle que soit l'opinion du lecteur sur ces critiques,