CHAPITRE QUATRIEME
KDOIARI) III.
Renouvellement de la guerre avec la France. -— Victoire de Poitiers. - Délivrance du roi d'Ecosse. — Paix avec la France. — Elargissement du roi Jean, qui revient et meurt. — Guerre en Espagne. — Victoire de Nivirette. — Confiscation de la Guicnne. — Maladie et mort du prince Noir. — Mort du roi. — Amendements dans les lois et l'administration de la justice. — Constitution et formes du parlement. — Manière de lever les taxes. — Organisation de l'armée et de la marine.
Edouard était revenu de ses rêves d'ambition. Convaincu par l'expérience que la couronne de France était hors do sa portée, il offrit de renoncer à ses prétentions en écliange de la souveraineté des provinces qu'il tenait comme vassal dé son propre chef et du chef de sa femme. Philippe rejeta la proposition avec mépris. Jean, son fils et successeur, se montra disposé a l'accepter; peut-être n'était-ce qu'une feinte. Quand les envoyés des deux puissances s'abouchèrent h Guisnes pour prolonger l'armistice, ils tombèrent d'accord que cet arrangement offrait la seule base sur laquelle on pût fonder l'espoir d'une paix durable ; et de part et d'autre il fut promis que les renonciations nécessaires seraient faites en présence du nouveau pontife, Innocent VI ; que les prélats et les barons des deux royaumes signifieraient leur assentiment; et que les deux monarques se soumettaient eux et leurs états aux censures du pape, dans le cas où ils violeraient le traité. Mais cette perspective, si consolante pour les amis de l'humanité, fut enlevée par l'orgueil du peuple français. Les prélats et les barons d'Angleterre envoyèrent à la cour d'Innocent leurs procureurs avec pleins pouvoirs ; mais ceux de France déclarèrent qu'ils ne souffriraient jamais que leur roi cédât une souveraineté qui était le plus beau fleuron de la couronne de France 2. Edouard