CHAPITRE QUATRIÈME
et de Pennemi, elles se firent jour à travers la Picardie, F Artois et le Cambrésis, jusqu'à Reims, où les rois de France étaient généralement couronnés [30 nov.]. L'intention d'Edouard était de se faire sacrer lui-même dans cette ville ; mais elle fut si vaillamment défendue par l'archevêque et par les habitants, qu'après avoir perdu sept semaines sous ses murs, le roi leva le siège cl entra dans le duché de Bourgogne [20 janvier 1360J. Le duc Philippe , hors d'état de protéger son peuple contre un ennemi si puissant, obtint une trêve de trois ans [10 mars] , en Rengageant à payer la somme de 50,000 marcs *, h condition qu'il resterait neutre, que ses états seraient exempts de contributions et d'hostilités, que ses sujets auraient la permission de servir l'un ou l'autre prince hors des limites de la Bpurgogne, et que, si la majorité des pairs de France acquiesçait au couronnement d'Edouard comme roi de France, le dissentiment du duc serait considéré comme une violation du traité 2.
Tandis qu'Edouard était en Bourgogne, la nation anglaise fut jetée dans le trouble par l'apparition soudaine d'une flotte française qui balaya la Manche, et insulta la côte avec impunité. Winchelsea fut prise et pillée [16 mars], et le bruit des barbaries exercées sur les captifs engagea les hommes de toutes les professions, les clercs aussi bien que les laïques , à s'armer pour la défense de leur pays. Pour plus de sûreté, le roi de France fut, par ordre du conseil, conduit de place en place ; on rassembla des troupes dans les ports les plus exposés a l'ennemi; on s'empara de tous les bâtiments marchands pour le service du roi; on obligea les comtés maritimes à fournir un certain nombre d'hommes d'armes, et une flotte de quatre-vingts voiles, ayant quatorze mille hommes à bord, fut placée sous le commandement de sir John Paveley, prieurs des chevaliers hospitaliers. Les Français jugèrent alors prudent de se retirer [26 mars] ; mais les Anglais, pour venger les atrocités commises a Winchelsea, les suivirent jusqu'à leurs propres côtes [13 avril], et prirent et pillèrent la petite île de Sein sur celle de Bretagne 3.
trente fauconniers à cheval, portant des faucons; soixante couples de forts chiens courants, et autant de lévriers : de sorte que chaque jour il prenait le plaisir de la chasse ou de la pèche. Beaucoup de lords avaient leurs faucons et leurs chiens, aussi bien que le roi. » Froiss. de Johnes, c. 208.
' 1. 200,000 moutons d'or.