‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 174 sur 563 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

expéditions, quoiqu'elles causassent des maux cruels aux inforlunés habitants, ne se faisaient pas toujours sans de grandes pertes, et n'assuraient aux envahisseurs aucun avantage durable; tandis que les Français poursuivaient avec constance leur plan de démembrer le territoire anglais et d'assurer leurs conquêtes par des forteresses et des garnisons redoutables. La seule action importante de toute cette guerre eut lieu entre les flottes an- • glaise et espagnole dans la rade de la Rochelle. Quand Pedre, roi de Castille, tomba sous les coups de son frère bâtard, ses deux Mlles, Constance et Isabelle, résidaient en Guicnnc, d'où elles vinrent en Angleterre, et furent mariées aux deux fils d'Edouard, la première au duc de Lancaster, la seconde au comte de Cambridge1. Le duc prit sur-le-champ les armes et le titre de roi de Castille, et don Henri, convaincu que la sûreté de sa couronne dépendait du succès des Français, en entra d'autant plus volontiers en campagne. La flotte espagnole se tint devant la Rochelle pour intercepter les secours attendus d'Angleterre sous les ordres du comte de Pembroke , qui soutint deux jours cette lutte iné- ^«ile [23 juin 1372J. Les vaisseaux des ennemis étaient d'une plus grande dimension, mieux disposés pour l'action, et munis de canon ; et le courage des Anglais ne servit qu'à augmenter l'étendue de leurs pertes. Pas une voile n'échappa. Le comte fut pris : la plupart de ses vaisseaux, avec la caisse militaire, furent coulés bas 2.

En 1374 il ne restait à l'Angleterre de ses possessions d'outremer que Calais, Bordeaux, Bayonne et quelques places de la Dordogne. Edouard, fatigué de cette suite de désastres, obtint une trêve qui fut prolongée plusieurs fois [11 fév. 27 juin 1375] à de courts intervalles jusqu'à sa mort. Le pape exhortait continuellement les rois à convertir la trêve en paix; mais leurs ressentiments étaient trop violents, leurs prétentions trop élevées pour admettre aucun accommodement. Charles demandait la' restitution de Calais, et le remboursement des sommes qui avaient été avancées comme partie de la rançon de son père mars 1376] : Edouard repoussait ces conditions, et insistait pour que son adversaire renonçât à toute prétention à la suzeraineté de la Guienne 3.

1. Ils étaient tous deux illégitimes; mais don Pèdre, après la mort de Marie de Padilla, prêta serment qu'elle était réellement sa femme, et reconnut pour ses héritières les filles qu'elle laissait. Mariana, xvu, 6.

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