‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 175 sur 563 · Rjm. vu · texte numérisé non relu

Rjm. vu

Aux yeux du peuple, une administration malheureuse est tou jours incapable. Tant que le roi fut environné de l'éclat de la victoire, ses sujets, pleins d'admiration et d'obéissance, s'empressèrent d'exécuter ses ordres et de fournir h ses besoins. Mais lorsque la fortune commença à l'abandonner, ils critiquèrent librement les mesures de son gouvernement, blAmèrent ses ministres, et à chaque vote de subsides lui arrachèrent quelque nouvelle concession. Le duc de Lancaster, qui, pour suppléer son frère aîné malade et son père sur le déclin des ans, avait pris les rênes de l'administration, devint l'objet de la haine publique; et le prince de Galles, soit qu'il fût jaloux de l'ambition du duc, soit qu'il en désapprouvât la conduite, prêta son nom et son influence à l'opposition 1 [28 avril]. Le parlement (il fut longtemps connu parmi le peuple sous le nom de bon parlement) accompagna le vote d'un subside, d'une forte quoique respectueuse remontrance. Les communes, par la bouche de leur président, sir Peter de la Mere, intendant du comte de Mardi, énumérèrent les aides nombreuses que le roi avait obtenues de son peuple et les sommes immenses qu'il avait reçues pour les rançons des deux rois d'Ecosse et de France, et proclamèrent leur ferme conviction que si le revenu royal eût été fidèlement administré, il n'eût pas été nécessaire d'imposer de nouvelles charges à la nation. Elles donnèrent a entendre que la présente administration n'était pas en état do conduire les affaires publiques, et demandèrent que le conseil fût augmenté de dix ou douze nouveaux membres. Quoiqu'elles n'allassent pas jusqu'à mentionner le duc lui-même, elles mirent en accusation plusieurs de ses favoris pour avoir commis des extorsions, vendu des concessions illégales, levé des emprunts à leur profit, acheté les dettes du roi à bas prix, et se les être fait payer intégralement par le trésor. Le lord Latimer, chambellan, fut expulsé pour toujours du conseil et mis en arrestation ; le lord Nevil fut privé de tous ses emplois; et Richard Lyons, William Elys, John Peeche et Adam Bury, fermiers des droits de douane et de certains monopoles, furent jetés en prison et mis à la merci du roi2. Après eux, l'objet des poursuites fut Alice Perrers, femme mariée,

1. Nous tenons ce fait du continuateur de Murimuth, qui était contemporain (quo principe extincto) protinùs extinctus est cum eo effectua parliamenti. Nam illi ;e communitate, cum quibus ipse tenebat, non sunttalem exitum dicti parliamenti sortiti, qualem pro meliori habuisse sperabant, p. 134. Voyeï aussi la copie d'une chronique contemporaine, Ârchxol. xx, 215.

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