CHAPITRE QUATRIÈME. i»3l
santé. Il fut arrêté que la trahison serait désormais limitée a sept cas : la tentative ou le complot de tuer le roi, ou son épouse, ou leur fils aîné et héritier; la violation de la personne de la reine, ou de la femme du fils et héritier du roi, ou de la fille aînée du roi, non mariée 1 ; la révolte à main armée dans Tintérieur du royaume, ou l'alliance avec les ennemis étrangers du roi, qui serait prouvée par quelque acte extérieur, à la satisfaction d'un jury compétent; la contrefaçon du grand sceau; la contrefaçon de la monnaie courante du royaume, et le meurtre de certains officiers de l'état, ou des juges du roi dans l'exercice de leurs fonctions. Il ne faut pourtant pas attribuer cette limitation aux vues éclairées des législateurs. Elle fut probablement due à des considérations d'intérêt individuel. Pour les autres délits, si les terres du coupable étaient confisquées, elles retournaient au seigneur du fief dont il les tenait; mais dans les condamnations pour haute trahison, les terres étaient a jamais perdues pour le seigneur, et, à dater de ce moment, réunies a la couronne. De là vint que le but du roi fut de donner le plus d'extension possible h la loi de haute trahison, et celui des seigneurs de fiefs servants de la renfermer dans les limites les plus étroites 2.
111. Le peuple avait appris maintenant à apprécier Futilité de la tenue fréquente des parlements. Ces assemblées le protégeaient contre l'insolence et les extorsions des officiers de la couronne, et souvent obtenaient du souverain la confirmation de ses libertés. Elles « réparaient les erreurs, réformaient les abus, et faisaient exécuter les nouveaux statuts, qui, sans leur vigilance, fussent promptement tombés en désuétude 3. » Sous le règne du roi son père, les « ordonnateurs » avaient arrêté que le parlement serait tenu (et non convoqué) au moins une fois Tan; mais comme le droit des « ordonnateurs » pouvait être mis en question, ce statut fut renouvelé par l'autorité légitime, et on fit de fréquentes requêtes pour qu'il fût fidèlement observé 4. Mais Edouard n'avait
1. Pourquoi la puissance législative était-elle si jalouse de l'honneur de la fille aînée exclusivement, et cela seulement tant qu elle n'était point mariée? ProbaT blement afin que le roi ne perdit pas la fii culte de la marier, et avec cette [acuité le subside qu'il avait le droit de demander à ses tenanciers en cette occasion. 11 ne pouvait pas demander de subside au maïiage de ses filles cadettes.