CHAPITRE QUATRIÈME
en cas d'invasion ; mais on trouvait aisément des prétextes pour excuser ou justifier la violation do ce privilège. Toutes les fois qu'on avait besoin d'une armée pour envahir les Galles ou l'Ecosse, on leur disait qu'il valait mieux combattre sur le territoire de l'ennemi que d'attendre que cet ennemi eût franchi les frontières et porté les ravages de la guerre dans leur pays. Bientôt le même raisonnement fut appliqué aux expéditions contre la France. Les Français, disait-on, avaient comploté d'abolir le nom anglais; ils étaient déjà entrés sur le territoire continental du roi; ils se préparaient h débarquer une puissante armée en Angleterre : si donc les hommes liges du roi voulaient éviter d'être asservis, ils devaient passer la mer, et infliger à l'ennemi les mêmes maux dont il les avait menacés1. Cependant, dans ces occasions, il était nécessaire de faire un choix : autrement la multitude des combattants eut produit la disette, l'insubordination et la défaite. Quelquefois on appelait tous les hommes du petit nombre de comtés contigus au théâtre de la guerre2; plus souvent on en demandait un nombre déterminé ; et des officiers étaient chargés de choisir les plus robustes et les plus riches de chaque classe3. En 1282, Edouard ordonna aux shériffs d'envoyer à l'armée de Galles tout homme dont le revenu était évalué à plus de vingt livres par an4 : en 1297, il somma tous ceux de la même classe de le rejoindre à cheval et de l'accompagner dans son expédition en Flandre . Edouard H, en 132/i, envoya des commissaires dans chaque comté avec les pouvoirs les plus étendus, afin de lever des troupes pour l'expédition qu'il projetait contre la Franco. Ils étaient autorisés a s'enquérir, a l'aide d'un jury ou par tout autre moyen, des noms de tous les hommes d'armes du shire , à enrôler sans exception tous ceux qu'ils jugeraient propres au service ; et à envoyer un rapport fidèle de chaque particularité aux officiers de la garde-robe royale. En même temps on fit^voir par proclamation que quiconque serait convaincu