‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 21 sur 563 · Ryra. il, 604,- 606. j · texte numérisé non relu

Ryra. il, 604,- 606. j

2. Hubcant attornatura secundùm consuetudinem curiœ anglican» , si sibi viderint expedire. Rot. Pari. 1/110.

3. Macduff évalua les dommages pour injuste emprisonnement à 700 marcs, ceux pour mépris de l'autorité d'Edouard à 10,000. Rot. Parî. i, 112.

Baliol s'adressa à Edouard en ces termes : « Sire, je suis votre homme-lige pour le royaume d'Ecosse , et comme la présente question concerne mes sujets aussi "bien que moi, je vous prie de vous abstenir jusqu'à ce que je les aie consultés, afin que je ne sois pas surprie faute d'avis. A votre prochain parlement, après Pâques, je répondrai conformément à leur conseil, et je vous ferai tout ce que je dois faire » La requête fut immédiatement agréée , et Edouard ne parut lui garder aucun ressentiment de sa conduite précédente. Ses droits aux honneurs ët terres de Tynedale, Penrith et Sowerby, avec un tiers de 1 honneur de Huntingdon, furent reconnus [29 oct.] ; et il fut généreusemeut exempté du payement du relief dû pour les domaines de sa mère Dervorgild, et qui s'élevait à trois mille livres. Quant au procès entre lui et Macdufî, il ne fut jamais décidé. Baliol obtint ajournement sur ajournement, jusqu'à ce que survînt la guerre qui le priva de son royaume.

Tandis qu'Edouard exerçait ainsi sur son vassal le roi d'Ecosse la suprématie qu'il avait nouvellement acquise, il était destiné à « prouver, comme duc d'Aquitaine, de semblables mortifications de la juridiction supérieure de son seigneur le roi de France. Le prétendu délit, pour lequel ce monarque le dépouilla de la Gascogne provenait d'une querelle particulière entre deux marins dans une aiguade sur la côte de France. Un Anglais et un Normand se rencontrèrent par hasard, se disputèrent et se battirent. Le Normand succomba; l'Anglais fut sauvé par ses camarades; et les matelots normands, pour venger la mort de leur compatriote, abordèrent le premier navire anglais qu'ils rencontrèrent, s'emparèrent d'un passager, un commerçant de Bayonne, et le pendirent avec un chien aux talons au haut de leur mât. Il s'ensuivit des représailles ; les marins de chaque pays prirent parti dans la querelle ; les Normands appelèrent à leur assistance les matelots de France et de Gênes ; les Anglais se liguèrent avec ceux d'Irlande et de Gascogne ; et les mers furent couvertes d'escadres ennemies qui, sans commission de leur souverain, se faisaient la

1. Rot. Pari, i, 113. Ryley, 160-165. Dans ces cas de mépris et de désobéissance, le jugement ordinaire était de saisir les terres du défendeur et de l'emprisonner au bon plaisir du roi. Après un certain temps, il pouvait obtenir sa liberté en payant une amende arbitraire. Rot. Pari, i, 70, 11. Mais souvent, avani le prononcé du jugement , le défendeur sollicitait la faveur du roi et obtenait soit un délai, soit la cessation des procédures dirigées contre lui. Dans ces occasions, ilse soumettait généralement au bon plaisir du roi sans réserve (de alto et basso), et payait l'amende qu'on lui demandait. Voyez le cas de l'arche vèque d'York. Rot. Par!, i, 101.

5H HISTOIRE D'AMiLKTRHRK.

guerre, el sous l'influence de la colère commettaient des violences inconnues aux hostilités légitimes. Une. flotte normande, forte de plus de deux cents voiles de toute sorte, après s'être promenée quelque temps en triomphe dans la Manche, pilla la côte de Gascogne, et revint avec son butin a Saint-Mahé, port de Bretagne. Elle y fut découverte par les marins de Portsmouth et des Cinq- Ports, qui avaient rassemblé quatre-vingts gros bâtiments bien équipés et préparés pour le combat. Un défi fut donné et accepté ; les flottes ennemies se rassemblèrent [l/i avril 1293] autour d'un vaisseau qui avait été amarré dans un certain lieu d'un commun accord; et la victoire fut disputée avec un acharnement qui a été rarement égalé. A la fin, la fortune ou la valeur des Anglais remporta. Ils capturèrent tous les navires de l'ennemi, et comme on ne faisait point quartier, la majeure partie des équipages périt dans l'Océan. Les prises, qui s'élevaient h deux cent quarante, arrivèrent heureusement en Angleterre; l'exagération porta à quinze mille hommes le nombre des tués et des noyés

Cette défaite si meurtrière et si honteuse provoqua le ressentiment de Philippe. 11 ne pouvait que demander réparation au roi d'Angleterre; mais il pouvait l'exiger du duc d'Aquitaine. On affirma, probablement avec raison, que les matelots de Bayonne avaient non-seulement pris part à l'action, mais tenté de surprendre le port de la Rochelle, et le lieutenant d'Edouard fut requis d'arrêter et d'enfermer dans une prison française un certain nombre des accusés. B ne tint pas compte de la réquisition ; vi pour punir sa désobéissance, le sénéchal de Périgord eut ordre de prendre possession de toutes les terres appartenant à Edouard, qui étaient situées dans sa juridiction. Mais les officiers civils furent repoussés par les militaires sous les ordres de sir John Saint-John ; et, en conséquence, la cour royale de Paris publia line sommation pércmptoire [29 nov.l qui ordonnait à Edouard de comparaître dans un* délai de vingt jours a partir de Noël, et de répondre pour ces offenses et mépris de son souverain 2. Le roi, qui voyait le but réel de Philippe, tâcha d'apaiser son ressentiment. 11 offrit par son ambassadeur, l'évêque de Londres, d'indemniser les parties lésées du côté de la France, pourvu qu'une restitution égale fût faite aux Anglais; et quand cette offre fut refusée, il proposa de soumettre la contestation soit à des arbitres

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