‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 230 sur 563 · CHAPITRE CINQUIÈME. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME. m

des dixièmes et quinzièmes, afin de savoir comment on les avait levés ; et cette pétition aussi fut accueillie avec l'observation que c'était un effet du bon plaisir du roi , et non la conséquence do leur requête. Enfin , elles demandèrent que six pairs et prélats fussent envoyés a leur chambre pour qu'elles les consultassent ; mais les lords refusèrent, déclarant qu'ils reviendraient à l'ancienne coutume de nommer un comité pris dans leur sein, pour conférer en particulier avec un comité nommé de lamême manière par l'autre chambre. Quoique on pressât à plusieurs reprises les communes d'expédier les affaires, et qu'on leur dît que par leurs délais elles ajoutaient aux charges de ceux qui avaient à payer leurs dépenses , elles procédèrent à loisir et très-mûrement. L'examen toutefois leur prouva que le subside avait été impartialement réparti et légalement dépensé. Elles cessèrent leurs objections, et accordèrent avec empressement une nouvelle aide au moyen d'un impôt additionnel sur la laine, les-peaux avec la laine et les cuirs1.

Durant la guerre de Bretagne , les Français s'étaient emparés successivement de toutes les forteresses, à l'exception de Brest,que le duc Jean de Montfort avait livrée a Richard en échange d'un domaine proportionné en Angleterre. Charles, se croyant sûr de sa conquête, annexa par un jugement définitif ce duché h la couronne de France [9 déc. 1378] : mesure précipitée et peu judicieuse , qui éveilla a l'instant tous les préjugés nationaux des Bretons. Ils se liguèrent pour revendiquer leur indépendance , rappelèrent leur duc, expulsèrent les Français, et sollicitèrent vivement l'assistance de l'Angleterre. La première expédition [déc. 1379], sous les ordres de sir John Arundel, fut dispersée par une tempête, dans laquelle périrent le général et la plus grande partie des hommes d'armes. On leva une seconde armée, et on en donna ' le commandement au comte de Buckingham , oncle du roi. Il passa de Douvres à Calais [21 juillet 1380], dirigea sa marche par le centre de la France ; et les ennemis, fidèles à leur politique, le laissèrent avancer sans opposition. Mais au moment où' il venait d'atteindre les frontières de la Bretagne , il était arrive une autre révolution non moins singulière. Charles était mort [ 16 sept.] : la méfiance des Bretons se reporta des Français sur leurs propres alliés ; et Montfort, après avoir longtemps balancé entre les deux partis, céda aux vœux do ses sujets , et fit sa paix

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