CHAPITRE CINQUIÈME
sieurs pétitions, reçurent Tordre de se retirer et de revenir h un jour indiqué pour recevoir les réponses du roi et des lords. Elles réussirent sur un point, lequel était d'une grande importance. Deux citoyens , John Phillpot et William Walworth , négociants de Londres, furent nommés trésoriers pour recevoir l'argent provenant du nouveau subside de deux dixièmes sur les villes et de deux quinzièmes sur les cbmtés , et les employer uniquement à payer les dépenses de la guerre. Sur un autre point, leurs vœux ne furent satisfaits qu'en partie. Elles avaient demandé que huit nouveaux conseillers, les grands officiers de l'état , les chefs de justice et tous les individus admis près de la personne du roi, fussent nommés par les lords et leur nomination notifiée aux communes en parlement. Les lords composèrent un nouveau conseil de neuf membres, qui devaient rester un an en fonctions, et auxquels ils en adjoignirent huit autres, conformément à la requête des communes; et se réservant la nomination du chancelier, du chambellan et de l'intendant de la maison pendant la minorité, ils laissèrent au roi lui-même le choix de ses autres compagnons et serviteurs. A une troisième requête , « qu'un parlement fût tenu une fois l'an dans un lieu convenable, afin de faire cesser les délais de actions judiciaires , et de prononcer définitivement sur les cas dans lesquels les juges différaient d'opinion,» il fut répondu que les statuts existants seraient mis à exécution, et que le lieu des réunions serait déterminé par le roi
Avant la fin de la session, Alice Perrers fut abandonnée par son ancien protecteur au ressentiment des communes. Elle fut traduite devant les pairs [22 nov.] en vertu de l'acte passé l'année précédente, qui défendait aux femmes de solliciter des causes dans les # cours du roi pour salaire et récompense ; et fut accusée d'avoir obtenu du monarque défunt la révocation delà nomination de sir Nicholas Pagworth à un office en Irlande , et un plein pardon pour Richard Lyons, qui avait été convaincu de plusieurs méfaits à la poursuite des communes en parlement. Les prélats et les lords décidèrent qu'elle serait jugée par un jury, en présence d'un comité de la chambre, composé du duc de Lancaster et de quatre comtes. Elle fut déclarée coupable et condamnée au bannissement • et a la confiscation de ses terres, tènements , biens et effets mobiliers2.
1. Rot. Pari, m, 6, 7, 16. Dans toutes ces affaires, les lords paraissent avoir agi d'après le principe que , par la minorité du roi, le droit de pourvoir au gouvernement leur était dévolu.
•?. Ibid. 12-14. Il se passa dans ce procès beaucoup de choses fort contraires
Los promesses du duc de Lancaster avaient relevé les espérances de la nation ; son inactivité les fit retomber. Ce prince , qui avait reçu la totalité du dernier subside, conduisit une armée en Bretagne [août 1378] , assiégea la ville do Saint-Malo, resta plusieurs semaines devant les murs ; puis revint en Angleterre sans avoir combattu l'ennemi ni fait une seule conquête. Les Ecossais, au môme moment, violèrem la trêve, brûlèrent Roxburgh et surprirent Berwick, qui fut bientôt reprise par le comte de Northumberland. 11 y eut sur mer plusieurs petits engagements ; mais les commandants qui se distinguèrent principalement de chaque côté se trouvèrent être de simples aventuriers : Mercer, un Ecossais,, qui avec quelques vaisseaux écumait la mer d'Allemagne, et enleva une flotte de bâtiments marchands du port de Scarborough ; et Phillpot, citoyen de Londres, qui, équipant à ses frais une petite escadre , rencontra Mercer, et après un vif engagement , le fit prisonnier et captura seize navires espagnols. Phillpot fut reçu avec acclamations par ses concitoyen^ mais il fut sévèrement réprimandé par le conseil d'avoir osé faire la guerre sans la permission royale >.
Le parlement suivant s'assembla h Gloucester, à une époque où l'esprit du peuple était aigri par les taxes et par le désappointement. Lorsque les communes furent introduites en présence du roi [20 oct.], leur orateur, sir James Pickering, après avoir sollicité l'indulgence du roi s'il disait rien qui pût lui déplaire ou aux lords, développa leurs objections au vote d'un nouveau subside, et sir Richard le Scrope, intendant de la maison du roi, y répondit. Enhardies par leur succès de l'année précédente, elles demandèrent cette fois la permission d'inspecter les comptes des trésoriers : ce qui fut accordé comme faveur et non comme droit, et avec la protestation qu'on ne devait point plus tard en faire un précédent. Elles requirent ensuite copie de l'enregistrement
à nos idées et à nos habitudes actuelles 1. Non-seulement les dépositions des témoins étaient fort peu convaincantes, mais on entendit six des jurés contre l'accusée. H faut remarquer toutefois que cela était conforme à l'ancienne pratique, qui était de choisir le jury parmi les personnes qu'on supposait être par elles-mêmes le mieux au fait de la culpabilité ou de l'innocence du prisonnier. Dans le cas présent le jury se composait de seize chevaliers et écuycrs de la maison du feu roi, qui, par leur position, avaient été continuellement témoins de la conduite d'Alice Perrers. 2. Quand le jugement fut sur le point d'être prononcé, on fit observer que la punition portée dans le dernier acte s'étendait seulement à la confiscation des biens et effets mobiliers , et non à celle des terres événements. Pour surmonter la difficulté , les lords qui avaient concouru h. la confection de cet acte, déclarèrent que leur intention avait toujours été d'y comprendre les terres et tènements. Ibid.