‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 250 sur 563 · CHAPITRE CINQUIÈME. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME. m

distinctions qui donnaient un air d'innocence aux dogmes de la tendance la plus nuisible. Quant à l'Eglise telle qu'elle existait originaire nent, et qu'elle avait continué d'exister pendant mille ans, il professait pour elle la vénération la plus sincère. Elle était pure dans sa doctrine, parfaite dans sa discipline, et exempte de la contagion de l'avarice Mais a l'expiration du dixième siècle , la prédiction de l'Apocalypse s'était littéralement accomplie. Le grand dragon, qui avait été enchaîné pendant mille ans, avait été lâché ; et le premier usage qu'il avait fait de sa liberté était de faire pleuvoir de sa queue les nouveaux ordres religieux, qui s'étaient répandus avec une rapidité effrayante sur le monde chrétien. A dater de ce moment, la foi, la discipline et la morale s'étaient corrompues ; et le rétablissement de l'Evangile était réservé aux efforts de Wycliffe et de ses « pauvres prêtres ». »

Sa maxime favorite, que l'autorité ou le droit de propriété est fondé sur la grâce, paraît avoir pris naissance dans un étrange amalgame des idées féodales et théologiques. 11 prétend que la confiscation est expressément la peine de la trahison : or, tout péché est une trahison envers Dieu. Donc le pécheur doit perdre tout ce qu'il tient de Dieu, et conséquemment tout droit à l'autorité ou à la propriété ; car, quel que soit celui dont il les tient immédiatement, elles lui viennent originairement de Dieu2.

Il admettait sept sacrements comme l'Eglise catholique; mais il différait d'elle dans l'explication qu'il donnait de la nature de l'Eucharistie et du contrat de mariage. Sur le premier point, s'il employait tréquemment un langage orthodoxe, plus fréquemment encore il enseignait une doctrine semblable b l'impanation de Luther. Dans sa confession , où l'on pouvait espérer qu'il parlerait clairement, il s'est retranché derrière tant de distinctions inintelligibles, qu'il serait difficile au logicien le plus subtil de découvrir sa pensée3 : dans ses aulres ouvrages, il enseigne à plusieurs reprises que , lors de la consécration , le pain , sans cesser d'être pain, devient le corps même du Christ qui a souffert sur la croix :

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