‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 259 sur 563 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

Cette poursuite mérite l'attention de la postérité, én ce qu'elle conféra aux communes le droit nouveau de mettre en accusation les ministres de la couronne ; mais la procédure et ses résultats semblent prouver que l'administration de Richard n'avait point été aussi arbitraire et aussi oppressive que nous aurions pu autrement être portés a le supposer, et justifieront le soupçon que le procès du chancelier avait eu plutôt pour but de l'intimider que de le punir. Mais cette fois les intentions du parti opposé a la cour se montrèrent plus clairement, et on proposa d'imiter les précédents des règnes de Jean, de Henri 111 et d'Edouard II, en établissant un conseil permanent avec pouvoirs de réformer l'état. Le roi déclara qu'il ne donnerait jamais son assentiment à cette mesure. Il menaça de dissoudre le parlement; et les communes, pour l'effrayer , cnvoyèren t chercher le statut par lequel Kdouard II avait élé déposé *. A la fin, un des lords lui représenta, d'après le désir du duc de Gloucester et du comte d'Arundel, que, s'il persistait dans son refus, sa vie serait en danger; que les lords et les communes se sépareraient sans sa permission, et qu'il verrait alors dans quel élat de dénûment et d'abandon il resterait 2 [19 nov.]. Son obslination fut vaincue; et il signa avec répugnance une commission qui érigeait onze prélats et pairs, outre les trois grands officiers de l'état , en conseil permanent pour s'enquérir de la conduite des officiers de sa maison, des cours judiciaires et de toutes les parties du royaume; des comptes du trésor, des dons et pardons qui avaient été accordés, et des griefs du peuple; pour entendre et juger toutes les plaintes qui ne pouvaient obtenir réparation par le cours ordinaire des lois; et pour appliquer à tous les abus les remèdes qui leur paraîtraient bons et efficaces 3. Le duc et le comte en étaient membres ; et, comme la majorité de leurs collègues appartenait au môme parti, ils eurent, en réalité, tout le pouvoir du gouvernement. Pour les proléger dans l'exercice de leurs fonctions, les communes demandèrent que du moment où Ton mettrait opposition à leur autorité, le payement du subside qui avait été voté cessât; et que les auteurs, instigateurs et fauteurs de cette opposition fussent pour la première fois passibles de confiscation et d'emprisonnement, et pour la seconde, de la perte de la vie ou d'un membre4

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