Rym. vu, 471. Rot. Pari, m
en semaine par des circonstances imprévues, jusqu'à ce qu'il devînt nécessaire de la renvoyer a Tannée suivante; et Richard convoqua à Westminster un parlement, dans lequel les deux partis firent Fessai de leurs forces. [1er oct.] La session fut ouverte par un discours du comte de Suffolk , le chancelier, qui informa les chambres que, dans un grand conseil tenu à Oxford, le roi avait proposé de mener une armée en France pour faire valoir ses droits à la couronne de ce pays*; il ajouta qu'il était de leur devoir de délibérer sur la convenance ou non convenance de cette mesure ; et que, si elle obtenait leur approbation, ils auraient à fournir les fonds nécessaires pour en payer les dépenses. Mais les lords et les communes, au lieu de s'occuper de cet objet, revinrent avec une pétition collective qui demandait le renvoi des ministres et des membres du conseil, particulièrement celui du chancelier, que l'intention était de mettre en accusation dès qu'il serait privé de son office. Richard, s'il faut en croire les assertions suspectes de ses ennemis, résolut d'abord de faire arrêter et emprisonner les chefs des opposants ; mais ayant sondé les dispositions du maire et des citoyens, et voyant qu'il ne pouvait compter sur leur assistance, il abandonna ce dessein, se retira à son palais d'Elthnm, et ordonna aux deux chambres de délibérer sur le subside. Elles refusèrent d'obéir jusqu'à ce qu'il eût fait droit à leur pétition et fût revenu à son parlement. Après un débat de près de trois semaines [23 oct.], il vint à Westminster, renvoya les ministres qui déplaisaient, donna les sceaux à l'évèque d'Ely, et nomma l'évoque de Hereford trésorier [24 oct.]. Mais cette eoudescendance, au lieu d'adoucir ses advèrsaires, les encouragea; et les communes résolurent d'accuser le comte de SufFolk, le dernier chancelier, de crimes de haute trahison et de malversations. Richard leur ordonna de lui envoyer une députation de quarante chevaliers, et essuya un refus motivé sur ce que la vie des députés serait en danger. A la lin, il se fit un compromis , et le roi se rendit au parlement dès qu'il eut reçu la promesse qu'à l'exception du chancelier, aucun de ses favoris ou de ses conseillers ne serait inquiété1.
Le premier exemple d'une poursuite faite par les communes en parlement avait eu lieu vers la fin du dernier règne, et il en a dé$ été question : celui-ci est le second ; mais il est d'un plus
1. Compare/ Kivyghton (2G80-2Gô3j avec lus rôles du parlement (m, 213, 231, 233, 242, 374.)
grand intérêt à cause du rang plus élevé et de la position plus importante de l'accusé. L'acte d'accusation était divisé en sept chefs, chargeant le comte d'avoir obtenu du roi des dons qui excédaient ses mérites et étaient contraires a son serment1, de s'être enrichi en fraudant la couronne, et d'avoir apposé le grand sceau à des chartes et pardons illégaux. Il avait confié sa défense à son beau-frère, sir Richard Scrope ; mais les lords firent observer qu'il lui serait plus honorable die se défendre lui-même , et il parcourut une h une les différentes charges, soutenant que les plus graves n'étaient point fondées, et que les autres n'impliquaient aucun délit légal. Quant a ses mérites, il n'en parlerait point; mais il espérait que ce qu'il avait souffert pour le roi ne serait point oublié. Ici, toutefois, sir Richard Scrope intervint. L'accusé, lit-il remarquer, avait servi trente années en guerre comme chevalier banneret sans tache ni reproche; avait été trois fois captif aux mains de l'ennemi , deux comme prisonnier de guerre, une comme envoyé auprès d'une puissance étrangère; eî avait été gouverneur de Calais, amiral de la flotte, et souvent ambassadeur du roi. Et ce n'était pas d'une situation infime qu'il avait été élevé h la dignité de comte ; mais il était à cette époque et depuis longtemps conseiller privé et chancelier, et possédait les propriétés nécessaires pour soutenir ce rang, qui venait immédiatement après celui de comte. Les commissaires des communes répondirent elle comte répliqua : après quoi, à la demande de ses accusateurs, il fut donné en garde au lord connétable, et immédiatement élargi sous caution. Quelques jours après, le roi et les lords rendirent leur arrêt, par lequel il était acquitté sur quatre charges : sur les autres, ses réponses étaient déclarées insuffisantes; et en conséquence, il fut condamné a rembourser les différentes sommes spécifiées dans ces charges, et à être retenu en prison tant qu'il plairait au roi2. Il est inutile de dire que peu après la dissolution du parlement, il fut mis en liberté.
1. En prêtant serment comme chancelier, il avait juré de ne pas permettre la perte « ou déshérence du roi, mais de faire et chercher son profit autant qu'il le pourrait faire avec raison. » D'où l'on soutenait mie connaiss nt les besoins du roi, il ne pouvait accepter aucune don tion de lui. 11 répondit que ces paroles n'avaient pas ce sens, <|u'il pouvait accepter une donation du roi aussi bien que tout autre et que la donation qui lui avait été faite , ainsi que celle au duc de Gloucester et autres, avait été confirmée en parlement. Mais dans le jupement prononcé contre lui, il fut dit qu'aucune confirmation de la donation ne se trouvait sur les rôles : mensonge flaprant, car elle y est enregistrée exactemen^d ins les mêmes termes que la donation faite à Gloucester lui-même , contre laquelle on ne fit aucune objection. Praesentibus praslatis, proceribus, magnatibus, ac tota communitate. Rot. Pari, m, 206, 209.