CHAPITRE CINQUIÈME
devant lui. Il se leva, donna la main à chacun d'eux, et les invita à présenter leur pétilion. Us commencèrent par les pliis solennelles protestations d'attachement et de loyauté ; puis ils accusèrent de trahison l'archevêque d'York, le duc d'Irlande, le comte de Suflblk , sir Robert Tresilian, faux juge, et sir Nichotas Brembre, faux chevalier; et enfin, jetant leurs gantelets à terre, ils offrirent séparément de prouver la vérité de l'imputation en combat singulier. Richard répondit qu'il convoquerait un parlement dans lequel justice serait faite; et que, dans l'intervalle, il prenait les deux partis sous sa royale protection. Il engagea alors les appelants a passer dans une autre salle, où ils prirent des rafraîchissements avec lui de la manière la plus amicale l.
Il devenait évident que la fuite seule pouvait sauver les conseillers impopulaires. Le comte de SufTolk, après une tentative infructueuse, réussit à atteindre la frontière de France; l'archevêque parvint a se cacher dans le voisinage de Newcaslle/et le duc d'Irlande se rendit sur la frontière septentrionale des Galles. Là, cependant, il reçut des lettres du roi qui l'autorisait a lever des troupes, et lui promettait de le rejoindre h la première occasion. 11 déploya avec joie la bannière royale; et ses espérances s'accrurent a l'arrivée de Molyneux, connétable de Chester, avec un corps considérable d'archers La nouvelle de ce soulèvement fut reçue avec un plaisir secret par le duc de Gtoucester,.qui se hasarda alors à découvrir ses desseins réels. Il consulta plusieurs ecclésiastiques et savants jurisconsultes, pour savoir dans quels cas un vassal pouvait être excusable de retirer son hommage; et dans une entrevue à Huntingdon, il convint avec les comtes d'Arundel et de Warwick et le lord Thomas Mortimer, « de déposer Richard, et de prendre la couronne sous sa garde. » On* prétendit ensuite qu'en adoptant cette résolution, ils n'avaient pas le dessein de priver réellement le roi de la dignité royale, mais simplement de l'intimider en la réduisant pour quelques jours à la condition privée. Mais quelle qu'ait pu être leur intention réelle, elle échoua contre l'opposition des comtes de Derby et de Notlingham, qui, quoique d sposés a poursuivre les favoris jusqu'à la mort, ne voulurent jamais consentir à priver le roi de sa couronne 2. Sur ces entrefaites, le duc d'Irlande, a la tête de ' cinq mille hommes, s'avançait rapidement vers la Tamise. Son