CHAPITRE CINQUIÈME
tion duquel le traité fut commencé; mais Richard eut le bon sens de le mener à bien, et, délivré des hostilités étrangères, il fit ses efforts pour conserver intacte la bonne harmonie entre son peuple et lui. Il assemblait fréquemment le parlement, le consultait sur toutes les.malières importantes et paraissait jaloux de mériter son approbation. Dans une occasion il ordonna au chancelier, au trésorier et aux autres membres de son conseil, de donner leur démission, et il invita hautement toutes les personnes qui se trouvaient lésées par eux, de déposer contre eux comme contre de simples particuliers. Le lendemain, les deux chambres rendirent un témoignage honorable à leur intégrité, et ils furent rétablis dans leurs charges aux applaudîssèments du public 1 [18 juin]. En retour de sa condescendance, les lords et les communes furent généreux dans leurs voles et confirmèrent successivement les prérogatives de la couronne2 [1390]. Quoiqu'il restât profondément sensible aux injures qu'il avait essuyées, il eut la prudence de réprimer son ressentiment, et quand le duc de Lancaster revint de Guyenne, il rappela le duc de Gloucester au conseil 3. Il affecta même d'être indifférent au sort de ses amis qui avaient été bannis en Irlande jusqu'à ce qu'il fut en état de les servir sans danger ou opposition. Il promut son ancien confesseur à un évêché dans cette île, et comme le revenu en était médiocre, il y ajouta une petite annuité. Avec le consentement du parlement, il rappela à Londres les trois juges survivants, et dès qu'il eut appris la mort du duc d'Irlande, il accorda plein pardon à sir John Lancaster, compagnon de l'exilé, et rétablit le comté d'Oxford en faveur de l'oncle du duc, sir Aubrey de Vere4. Trois ans plus tard, il se hasarda a donner une plus forte preuve d'affection a son malheureux ami. Il ordonna de rapporter de Louvain le corps qui avait été embaumé, et de le réenterrer avec une grande solennité dans l'église de Colne. Avant la fin de la cérémonie, le cercueil fut ouvert par ses ordres, et la face du mort fut découverte. On pouvait encore en distinguer les traits, et le roi la contempla pendant quelques minutes avec des signes visibles du plus poignant chagrin 5.
Ce fut durant celte période de tranquillité comparative que Ton