Rot. Pari, m, -244,247-202. Stat. of Reaîm, n
détournée par les dissensions qui éclatèrent dans ce royaume , et la guerre avec l'Ecosse rapporta peu de profit et peu de gloire. [9 août.] Le comte d'Arundel eut à la vérité le bonheur de capturer une flotte appartenant h des marchands français; mais, d'un autre côté, les Percy perdirent contre les Ecossais la bataille d'Otterburne dans le Northumborland, où, si le comte Douglas fut tué, les généraux anglais, les lords Henry et Ralph Percy furent faits prisonniers1. [1389.] La terreur que Gloucester avait inspirée se dissipa insensiblement; plusieurs de ses partisans offrirent leurs services au roi, et Richard, par un seul acle de hardiesse, détruisit cette autorité qui avait été cimentée partant de sang. Dans un grand conseil tenu après Pâques [3 mai], il demanda inopinément à son oncle de lui dire son âge. « Votre altesse, » répondit le duc, « est dans sa vingt-deuxième année.» « Alors, » reprit le roi, « je dois certainement être assez âgé pour faire moi-même mes affaires. J'ai été plus longtemps sous le contrôle de tuteurs qu'aucun pupille de mes états. Je vous remercie, my lords, de vos services passés; mais je n'en ai plus besoin. » Voyant leur surprise, il leur donna le coup de grâce en redemandant les sceaux à l'archevêque d'York , et les clefs de l'échiquier h l'évêque de Iïereford. Un nouveau trésorier et un nouveau chancelier furent nommés; l'ancien conseil fut renvoyé, et le roi donna sa confiance a quelques amis éprouvés, ainsi qu'au duc d'York et au jeune comte de Derby, qui, bien qu'ils eussent originairement fait partie de la commission, ou n'avaient jamais perdu, ou avaient reconquis la faveur royale. Gloucester se soumit à regret, et, après une entrevue avec son neveu, il se retira à la campagne [8 mai]. Richard informa le peuple par une proclamation qu'il avait pris dans ses mains les rênes du gouvernement, que son intention était de maintenir fidèlement les ordondar.ces du parlement de Westminster, et qu'il suspendrait la perception du subside qui avait été récemment accordé, jusqu'à ce qu'il fût mieux convaincu que ses besoins le requéraient2.
Désormais le roi était maître de ses actions, et, qu'on le dût a sa sagesse ou a celle de ses ministres, il faut avouer que pendant quelques années son administration fut tranquille et heureuse. A la vérité, le mérite d'avoir suspendu la guerre contre la France pouvait être réclamé par Gloucester, sous l'administra-
1. Voyez les deux ballades faites à ce sujet dans les < Reliques of ancient English poetry, » et la « Border Minstrelsy. » Aussi Froissart, ix, 37-42.