‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 282 sur 563 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

'SMi HISTOIRE D' ANGLETERRE.

Pour prévenir l'évasion ou la résistance de son oncle, Richard so mit lui-môme à la tête du détachement chargé de l'arrêter, et se rendit au château du duc, à Plashy. Celui-ci sortit avec sa maison a la rencontre du roi; mais il fut immédiatement remis à la garde du comte de Nottingham, comte maréchal ». Ce seigneur feignit de le conduire a la Tour ; mais lorsqu'ils eurent atteint la Tamise, il le mit a bord d'un vaisseau, descendit la rivière, et logea son prisonnier au château de Calais, dont il était gouverneur. La disparition subite du duc fit croire généralement qu'il avait été assassiné ; et ses amis, alarmés de son sort supposé, commencèrent à trembler pour leur propre sûreté. [15 juillet.] Richard, pour tranquilliser l'esprit public, publia une proclamation, annonçant que ces arrestations avaient été faites avec l'assentiment des comtes de Rutland, de Kent, de Huntingdon, de Nottingham et de Salisbury, du lord Despenser et de sir William Scrope, et avec l'approbation de ses oncles Lancaster et York, et de son cousin Derby ; que les délits des prisonniers étaient de fraîche date, et n'avaient aucune connexion avec les événements des dixième et onzième années de son règne, et qu'aucun de ses sujets n'avait sujet de s'alarmer pour la part qu'il avait pu y prendre 2.

Pour arranger ses plans avec plus de discrétion, il se rendit au château de Nottingham, où Ton résolut d'imiter l'exemple donné par les prisonniers, et de les accuser de trahison, ainsi qu'ils avaient accusé les favoris du roi. Les seigneurs qui avaient conseillé les arrestations étaient à dîner, lorsqu'ils furent inopinément appelés de la table aux portes du château, et requis d'apposer leurs sceaux à une formule d'accusation qui avait été préparée pour la circonstance. A leur retour, ils trouvèrent le roi dans la salle, assis sur le trône, et la couronne en tête, a Nous » accusons, leur faisait-on dire, Thomas, duc de Gloucester, » Richard, comte d'Arundei, et Thomas, comte de Warwick, et » disons qu'ils ont agi comme traîtres à votre majesté et à votre

1. Il existe différents récits de cette arrestation. L'auteur contemporain du manuscrit mentionné ci-dessus nous assure qu'elle eut lieu dans la matinée, et que le roi arriva avant que le duc fût levé (p. 208) ; Froissart la fixe à cinq heures de l'après midi (xi, 48). Tous deux s'accordent à dire que le duc rejoignit Richard dans la cour du palais ; qu'il fut invité par lui à l'accompagner à Londres, et fait prisonnier en route. Mais les rôles du parlement portent qu'il fut arrêté, comme il venait en cérémonie au-devant du roi : domino régi cum processione solemni humiliter occurrentem. Rot. Pari, m, 418.

2. Ryni. vin, 6. Aux seigneurs qu'on dit avoir donné leur assentiment à ces arrestations, on aurait dû ajouter le jeune comte de Somerset. Rot. Pari, m, 374.

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