Appelé depuis Bicètre
Le résultat de leur entrevue fut une détermination de rentrer en Angleterre pendant l'absence du roi. Pour éluder les soupçons des ministres français, Henri obtint la permission de rendre visite au duc de Bretagne ; et, à son arrivée à Nantes, il loua trois petits navires, avec lesquels il partit de Vannes pour aller chercher fortune en Angleterre. Toute son escorte se composait de l'archevêque, du fils du feu comte d'Arundel, de quinze lances et de quelques domestiques. Après avoir rôdé quelques jours devant la côte orientale, il débarqua à Ravenspurn [h juillet], dans TYorkshire, et fut rejoint immédiatement par les deux puissants ■ comtes de Northumberland et de Westmoreland, devant qui, dans le couvent des moines blancs, à Doncaster, il déclara sous serment que son seul but était de recouvrer les honneurs et domaines qui avaient appartenu à son père, et il s'engagea à n'élever aucune prétention à la couronne *.
Le duc d'York , à qui le roi avait confié le gouvernement en son absence, était exactement informé des mouvements de Henri, et avait sommé les vassaux de la couronne de rejoindre l'étendard royal a Saint-Albans. Il y a toutefois lieu de croire qu'il n'était pas très-porté pour la cause que son devoir était de soutenir 11 avait dû voir avec pitié les infortunes non méritées d'un de ses neveux, et condamner la conduite violente et inconsidérée de l'autre; puis le sort de son frère Gloucester, et le cruel et injuste traitement du fils unique de son frère Jean de Gand, ne pouvaient lui donner une idée bien flatteuse de la stabilité de sa propre famille. Soit soupçon de sa fidélité, soit répugnance des principaux barons à tirer l'épée contre un homme qui ne réclamait que son droit, les favoris de Richard s'alarmèrent pour leur propre sûreté. Le comte de VViltshire, ainsi que Bussy et Greene, membres du comité du parlement, avaient été chargés de se tenir aux ordres de la jeune reine à Wallingford [12 juillet] ; mais ils abandonnèrent subitement leur poste, et s'enfuirent précipitamment à Bristol. York lui-même prit cette direction avec l'armée. Peut-être, pour se décharger de toute responsabilité, voulait-il se tenir prêt à remettre le commandement à Richard, dont on attendait l'arrivée d'Irlande ; mais, d'un autre côté, il laissait libre la route du Yorkshire à la métropole , et permettait a l'aventurier de poursuivre son but sans obstacle. Henri était déjà en marche. La boule de neige avait grossi chemin faisant, et la petite troupe de