Trivet
2. Rvm. i, 890 ; n, 4-10. On me permettra ici de continuer l'hisioire de Guy. Bientôt après que la sentence eut été prononcée, il implora la clémence de Grépoire, et saisit l'occasion de le rencontrer à une petite distance de Florence. En chemise, la corde au cou et suivi de plusieurs amis dans le même accoutrement, il se jeta aux pieds du pontife et demanda que la sentence portée contre lui fût commuée en emprisonnement. Grégoire fut touché, ordonna de l'enfermer dans un clnlteau des états ecclésiastiques, et écrivit à Edouard pour s'excuser de sa douceur (Rym. n, 17). Six années après, le bruit courut que Guy avait été vu en Norwége , et le roi promit une récompense considérable à deux barons norwc-
fiens , s'ils voulaient se saisir de lui et le remettre aux agents royaux (id. II, 43). Mais ce bruit n'étant pas fondé, Guy fut enfin délivre j>ar Martin IV, après un emprisonnement de onze années, et il prit possession de Squillacc, patrimoine de sa Femme, dans le royaume de Naples (Wals. 51). 11 prit parti pour la maison d'Anjou, fut fait prisonnier par Doria, l'amiral anigonais, en ISS*/, et resta en captivité jusqu'à sa mort. Jacques, roi de Sicile, demanda pour sa rançon 10,000 onces d'or, somme qu'il le savait dans l'impossibilité de payer. Voyez une lettre de sa femme à ce sujet, Rym. 30. Elle est placée par' Ry nier en 1274, au lieu de 1289, qui est la date véritable.
nais le forcèrent d'accepter un présent considérable de chevaux et d'étoffes d'écarlate [10 mai]. Au pied du mont Cénis il trouva le comte de Savoie, et bientôt après il reçut les félicitations d'un corps de chevaliers et de prélats anglais *. Il se rendit à Paris et lit hommage à Philippe pour les terres qu'il ce tenait du chef de la couronne de France [26 juillet]. » De Paris on s'attendait qu'il se hâterait de rentrer en Angleterre; mais il fut appelé en Guieune par les troubles de cette province [1er mai 1274], et retenu là jusqu'à la fin du concile général qui avait été convoqué à Lyon. Ce fut dans cet intervalle qu'il fut défié à un tournoi par le comte de Châlons, qui, à ce qu'on a dit plus tard, sous le prétexte de lui faire honneur, cachait un atroce dessein contre sa vie [15 mai]. Le pontife exhorta vivement par écrit [18 mai] le roi à refuser, lui faisant observer qu'aucun monarque n'avait jamais consenti à jouter dans un tournoi; que de tels faits d'armes avaient été défendus par l'Eglise, et que c'était folie à lui de s'expospr ainsi à l'épée d'un assassin qui, il y avait lieu de le soupçonner, était en ce moment môme altéré de son sang2. Mais l'honneur d'Edouard élait en jeu : au jour marqué, il entra en lice, accompagné de mille champions, partie à pied, partie à cheval, et y fut joint par son antagoniste, dont la suite s'élevait presque au double. Il se peut que les Anglais fussent exaspérés par leurs soupçons, ou que leurs adversaires eussent réellement des projets sanguinaires; mais cette épreuve d'adresse et de force se changea bientôt en un combat des plus acharnés; les archers d'Edouard chassèrent leurs antagonistes de la lice, se mêlèrent parmi les chevaliers, et tantôt coupant les sangles de leurs selles, tantôt éventrant leurs chevaux , ils renversaient les cavaliers et les faisaiènt prisonniers. Le comte de Châlons, homme d'une force athlétique, après avoir jouté à la lance, jeta ses bras au cou du roi pour le renverser. Au même instant le cheval d'Edouard s'élança en avant, et le comte tomba à terre. 11 fut replacé en selle par ses serviteurs ; mais sa chute l'avait mis hors de combat, et il demanda quartier. La colère du roi l'entraîna d'abord à frapper un ennemi suppliant : à la fin, dédaignant de recevoir son épée, il le força de la remettre à un des champions