Anderson, Diplom. Scot. tab. xlïv
3. Boniface ordonna une trêve de sa propre autorité, et excommunia tout prince qui la refuserait. Philippe , lorsqu'il accepta la trôve , fit observer aux légats que le gouvernement temporel de son royaume lui appartenait, et à personne autre; que sous ce rapport il n'avait pas de supérieur, et qu'il ne se soumettrait jamais à aucun homme qui prétendrait intervenir dans l'administration civile. Thrés. des Chart. 16.
4. Rvm, ii, 660, 682, 685, 707, 7.'U, 751, 701, 795, 809, 812, 817, 819.
CHAPITKE PKEMIlilt. M
danger de là part du monarque français, il envoya Tordre à Warenne, qui était a Berwick avec une armée puissante, d'attendre son arrivée [14 mars] , éluda , sous différents prétextes, les demandes de Philippe que l'Ecosse fût comprise dans le traité, débarqua à Sandwich, tint son parlement a Oiford [25 mai] , et se rendit à Roxburgh , où il se trouva a la tête de huit mille chevaux et de quarante mille fantassins, princr^dement irlandais et gallois [25 juin]. De Roxburgh il pénétra jusqu'au Forth : aucun ennemi ne se présenta pour arrêter sa marche ; mais le manque de provisions et les ravages de la maladie le forcèrent de faire un mouvement rétrograde ; et il avait presque atteint Edimbourg , quand quelques bâtiments chargés d'approvisionnements jetèrent l'ancre dans le Frith. A Templeliston, il fit rafraîchir son armée, et reçut la nouvelle que Wallace était avec les Ecossais dans la forêt de Falkirk, attendant l'occasion de le harceler dans sa retraite. Les Anglais se mirent aussitôt en mouvement, et revinrent sur leurs pas jusqu'aux landes de Linlithgow, où ils passèrent la nuit sur les bruyères nues , et le lendemain matin [22 juillet], ils découvrirent l'ennemi en ordre de bataille derrière un marais *. Wallace avait disposé ses piquiers, la fleur de son armée, en quatre corps circulaires, liés l'un à l'autre par une ligne d'archers de la forêt de Selkirk. Il avait fait planter devant eux un rempart de palissades , et derrière eux , probablement pour empêcher leur retraite, il avait posté la cavalerie écossaise ; et ayant ainsi imposé à ceux qui s'en souciaient le moins la nécessité de combattre, il s'écria triomphant : « I haif brocht you to the king, hop gif ye can2. » Je vous ai menés au roi, dansez si vous pouvez I La première division des Anglais, commandée par le comte maréchal, s'enfonça dans le marais par ignorance du terrain ; la seconde , conduite par l'évêque de Durham, tourna la fondrière, et vint en vue de la cavalerie; après quoi ce prélat ordonna à ses hommes d'attendre l'arrivée des autres corps : « A ta messe , évêque ! » s'écria un chevalier, et il se précipita sur les ennemis. Ils s'enfuirent a la première charge : les arbalétriers furent foulés aux pieds ; mais les quatre corps do piquiers opposèrent de tous côtés à leurs assaillants un front impénétrable. Leur résistance
1. Hemingford, 163, et Walsingham, 75 , nous informent qu'avant la bataille le roi eut deux côtes brisées d'un coup de -pied de son cheval; Knyghton, qu'il éperonna son cheval avec tant de violence quil lui brisa deuxcôtes. 25£*7.
2. Cela est ainsi dans Walsingham, 75. Mais Langtoft (305) (et Westminster est d'accord avec lui) a « to the range (ring) are ye brocht, hop now, if ve will. »
40 HISTOIRE D'AKGLETEKIIE.
toutefois ne fit que relarder leur destinée. Edouard lit avancer ses archers et ses machines de guerre : une ouverture fut bientôt faite dans chaque cercle ; et la cavalerie , se précipitant dans la brèche, acheva leur destruction. On dit qu'il périt de vingt à quarante mille Ecossais. Quant à Wallaee, il s'échappa. Mais son étoile s'était éclipséejjour toujours : il se hâta de résigner son office de tuteur, et pjRa le reste de sa vie à errer dans les forêts, d'où il était sorti jadis pour châtier les Anglais et délivrer son pays 1 .
La pauvreté de l'Ecosse faisait sa protection. Edouard, après sa victoire [15 sept.], la traversa dans différentes directions; mais l'impossibilité de se procurer des provisions pour son armée le força de revenir en Angleterre; et le seul avantage qu'il retira de cette campagne fut l'occasion qu'elle lui offrit de secourir et d'approvisionner les châteaux du Lothian [1299]. Toute l'Ecosse au nord des deux Friths, ainsi que le Galloway, étaient indépendants ; et William Lamberton , évêque de Saint-Andrew, Robert Bruce, comte de Carrick, et John Comyn le jeune, furent nommés membres d'un conseil de régence chargé de gouverner au nom de Baliol, qui était toujours reconnu comme roi légitime. Ils entreprirent le siège de Stirling, et Edouard n'avait pas le loisir de secourir cette importante forteresse. Son parlement avait approuvé la sentence du pape ; et comme les envoyés des trois puissances devaient le venir trouver a Mon treuil , on lui conseilla de rester dans le sud , afin, d'être à proximité du lieu de la négociation (19 juin]. Les mois d'été se passèrent : son mariage avec Marguerite, la princesse française, le retint plusieurs semaines2 [ 12 sept.] ; et quand il rejoignit l'armée à Berwick, il fut obligé de céder aux remontrances de ses barons, qui refusaient de s'exposer aux dangers d'une campagne d'hiver. 11 avait déjà rejeté la proposition d'une trêve, et il perdit ainsi par son obstination le fort château de Stirling3.
Sous le court gouvernement de Wàllace, les Ecossais avaient sollicité la protection du pape , qui , dans une lettre à Edouard [10 juillet 1298], après lui avoir rappelé l'attention que le saint-