‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 29 sur 563 · II · texte numérisé non relu

II

l'ouest était déjà débandée : les indigènes se soulevaient sur ses derrières pour lui couper la retraite ; et sa seule ressource fut de brûler le pont, de* renforcer les garnisons des différents châteaux, et de se retirer aussi vite que possible en Angleterre [7 nov*.]. Wallace et Moray s'intitulèrent alors « les généraux , » et leurs compagnons , « l'armée de Jean roi d'Ecosse. » Ils passèrent la frontière avec une multitude d'hommes qui les rejoignirent dans l'espoir du pillage; et, durant un mois, le pays ouvert du Northumberland et du Cumberland fut ravagé par une soldatesque licencieuse et vindicative1.

A dater de cette époque , nous perdons Moray de vue. Son associé Wallace paraît seul sur la scène comme «tuteur du royaume et général des armées d'Ecosse, » titre sous lequel il convoqua un parlement à Perth [1298]. Mais cet aventurier avait alors atteint l'apogée de sa grandeur ; et sa chute fut plus rapide encore que son élévation. Tant que l'attention du roi avait été dirigée sur le recouvrement de ses états d'outre-mer, Wallace avait triomphé ; mais les efforts de Boniface VIII pour rétablir la paix entre l'Angleterre et la France avaient été enfin couronnés de succès ; et l'adresse de ses légats, qui avaient employé deux années en voyages et en conférences, avait amené Edouard et Philippe à signer un traité préliminaire2. Les deux rois consentaient h soumettre leur différend à l'équité de Boniface , non comme pontife , mais comme juge privé , choisi par les parties3 ; et après quelque délai, il publia [27 juin] la sentence qui confirmait l'armistice, pro* posait des mariages entre Edouard, qui maintenant était veuf, et Marguerite, sœur de Philippe, et entre le fils d'Edouard et Isabelle , fille de Philippe , et qui remettait dans ses propres mains toutes les possessions que le roi d'Angleterre tenait en France , maintenant ou avant la guerre, pour en disposer en vertu de son pouvoir d'arbitre, à moins que le^deux rois n'en vinssent auparavant à un accommodement satisfaisant4. Mais Edouard n'attendit point la décision du pape : dès qu'il se vit h l'abri de tout

Page 1