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fordwest fut sauvée par le comte d'Arundel, et le roi accourut au secours de son fils; mais il ne s'ensuivit aucune action importante : Henri se retira après avoir perdu cinquante chariots qui portaient son trésor et ses provisions ; et les Français , ne pouvant subsister dans un pays dévasté, s'en retournèrent chez eux1.
Ceci arriva avant la chute de Northumberland; la cessation des insurrections en Angleterre laissa au roi la liberté de diriger son attention sur la guerre des Galles, et de fournir a son infatigable fils tout ce qu'il lui fallait d'hommes et de provisions. Les progrès du prince, quoique lents, étaient constants. Au bout de quatre années, la division méridionale des Galles s'était entièrement soumise. Les indigènes du nord, découragés par leurs revers, abandonnèrent insensiblement l'étendard de Glendower; et ce chef, effrayé de voir son ennemi avancer toujours, ordonna a la plus grande partie de ses forces de fondre sur le Shropshire, et de ravager le pays sous la conduite de Rhees ap Du et de Philpot Scudamore. Elles furent défaites, et leurs commandants subirent la peine de la trahison. On nous dit que ce revers abattit le courage d'Owen, qu'il erra pendant quelque temps dans les montagnes, et qu'ensuite il se rendit, sous un habit de berger, chez sa fille, à Monington, dans le Herefordshire, où il resta caché jusqu'à sa mort. Mais ce récit doit être erroné. D'après plusieurs ordonnances, qui existent encore, il paraît qu'il trouva moyen de prolonger la lutte dans les déserts et les montagnes du Snowdun, longtemps encore après l'avènement du souverain suivant2.
Nous pouvons maintenant revenir aux négociations de Henri avec les puissances étrangères. Ce fut pour lui une circonstance fort heureuse que Charles restât pendant nombre d'années sujet à des accès de folie, entremêlés de temps en temps d'intervalles lucides, et que le gouvernement de ce royaume fût divisé et troublé par les vues ambitieuses et opposées de deux puissants princes, les ducs de Bourgogne et d'Orléans. Le premier soin de Charles à l'avènement de Henri avait été d'obtenir la restitution d'Isabelle : quand il y fut parvenu, ni le roi ni ses ministres ne firent un secret de leurs sentiments réels. Il n'y eut pas sans
1. Rym. vin, 390, 412, 419. Otterb. 2.r>8. Wals. 370, 374. Monstre!, i, 13. AcU of Coun. i, 249.
2. Rym. vin, 711, 7.r>3. ix, 283, 330. La dernière de ces ordonnances est une commission donnée par Henri V, et datée du 24 février 1410 , à sir (iilbert Talbot, pour traiter avec Meredith, fils de Glendower, relalivement à la soumission de son père et des autres rebelles de Galles, s'ils le désiraient. D'après les Rot. Porl. iv, 377, il est évident que Glendower lui-même ne se soumit jamais.
doute de déclaration de guerre ni d'interruption des rapports extérieurs d'amitié ; mais les plus puissants des nobles français fu- . rent encouragés h insulter Henri, h piller ses sujets, et à faire des descentes dans les parties les plus exposées de ses états. A chaque plainte, on faisait une réponse évasive ou. offensante ; et pendant plusieurs années des commissaires des deux gouvernements s'assemblèrent et s'ajournèrent, se réunirent de nouveau et se séparèrent sans parvenir à régler leurs différends. Le plus entreprenant des ennemis du roi était VValleran de Saint- Pol, qui avait épousé une sœur de Richard. 11 possédait de grands domaines et des charges lucratives en France , et à cet égard était justiciable du gouvernement français ; mais il était aussi prince de l'empire , et comme tel, il agissait en souverain indépendant. Il crut ou feignit de croire que c'était son devoir de venger le sort de son beau-frère, et le roi d'Angleterre reçut du héraut de Walleran le défi suivant [10 février 1402] : «Au très-haut et trèspuissant prince Henri, duc de Lancaster, moi, Walleran de Luxembourg, comte do Ligny et de Saint-Pol , considérant la parenté , l'amour et l'alliance qui existaient entre moi et le très-haut et très-puissant prince Richard, roi d'Angleterre, dont j'ai épousé la sœur, et la mort de ce môme roi, dont vous êtes notoirement accusé, et pour laquelle votre réputation est flétrie , et en outre la grande honte et perte que moi et ma postérité de sa ligne pouvons en éprouver à l'avenir ; et aussi l'indignation du Dieu toutpuissant et de toutes les personnes raisonnables et honorables si je ne m'expose pas pour venger la mort dudit roi à qui j'étais allié : à ces causes, je vous fais savoir que de toutes les manières qui seront en mon pouvoir je vous ferai du mal, et que je vous causerai toute espèce de préjudice par moi-même, mes parents, mes hommes et mes sujets , tant par mer que par terre, hors du royaume de France, entièrement pour les raisons ci-dessus rapportées, et non à cause d'aucunes hostilités entre mon redouté et souverain seigneur le roi de France et le royaume d'Angleterre. Et ceci , je vous le certifie sous mon sceau , h mon chAteau de Luxembourg, le 10 février 1402. » Ce défi fut suivi d'un singulier spectacle. Pour témoigner son horreur de la perfidie du comte de Rutland, qui, à ce qu'on croyait, avait trahi les secrets de ses complices à Henri, les domestiques de Walleran emportèrent par ses ordres, du château de Bohain, la figure d'un homme décoré des armes et de la devise de Rutland, et au milieu de la nuit le pendirent a un gibet aux portes de Calais. Mais ses actes suivants