Fordun, xv
H. Monstrel. i, 132-13(5. Wnls. 380.
398 HISTOIRE DANGLLTEKKE.
tre comme duc légitime d'Aquitaine, à l'aider dans le recouvrement de tous les anciens droits et dépendances de ce duché, a tenir de lui , par hommage et fidélité, tout ce qu'ils possédaient, h lui rendre vingt villes faisant partie des apanages royaux du duché, et à donner caution qu'à la mort des possesseurs actuels, les comtés de Poitou et d'Angoulôme retourneraient à lui et à ses héritiers. Henri, de son côté, s'engagea à les assister dans toute querelle juste, comme ses fidèles vassaux et sujets; à ne faire aucun traité avec le duc de Bourgogne , ses enfants , ses frères ni ses cousins, sans leur consentement, et à leur envoyer un secours immédiat de mille hommes d'armes et trois mille archers , pour servir à leurs frais pendant trois mois1. L'attente d'un renfort si puissant inspira une nouvelle ardeur aux Armagnacs. Quand le duc de Bourgogne s'avança avec l'armée royale pour assiéger la ville de Bourges, le duc de Berri s'y jeta avec huit cents hommes d'armes , et menaça de ne se rendre qu'a la mort du dernier homme [10 juin]. Mais il se trouvait dans les deux armées des personnes qui voyaient avec horreur cette guerre révoltante , et qui redoutaient l'arrivée des Anglais, comme devant en prolonger la durée. Il ne fut pas difficile d'inspirer les mêmes sentiments aux principaux officiers, épuisés qu'ils étaient de fatigue et affaiblis par la maladie. [ 13 juillet. ] On finit par effectuer un accommodement. Les Armagnacs se soumirent à l'autorité royale : les ducs d'Orléans et de Bourgogne jurèrent d'oublier leurs anciens différends [23 août] ; et afin de cimenter leur présente amitié, le premier s'engagea à épouser une fille du dernier, et par une lettre à Henri, renonça à son alliance avec l'Angleterre. Mais la joie causée par leur réconciliation fut immédiatement troublée par la nouvelle que Thomas, duc de Clarence, second fils du roi d'Angleterre , avait débarqué avec une armée en Normandie , avait été rejoint par les comtes d'Alençon et de Bichmont, et était activement occupé à dévaster le pays à mesure qu'il avançait. Ce fut en vain que les Armagnacs l'informèrent de la pacification. Six cents hommes d'armes de la Guienne accoururent sous son étendard ; le Maine et l'Anjou furent envahis et pillés; et le roi de France fut obligé d'ordonner à toutes ses forces de s'assem-
1. Ryra. vin, 738-742. Il paraît d'après les contrats passés entre le roi et les ducs de Clarence et d'York, et le co nte de D orset, que cette armée de 4,000 hommes exigeait 8,000 chevaux , et que la piye des militùres avait, pour une raison ou pour une autre , considérablement augmenté. Les hommes d'armes avaient 1 s. 6 d., les archers 0 d. par jour. Ibid. 745, 749, 750.