CHAPITRE SIXIÈME
versée, fut pris a la hauteur de Flamborough par un croiseur anglais, quoiqu'il existât une trêve entre les deux couronnes, et fut offert comme un présent agréable a Henri, qui fit observer sardoniquement qu'il parlait aussi bien français que son frère Charles, et était également capable de faire réducation d'un roi d'Ecosse. Au lieu de permettre au prisonnier de continuer son voyage, il le mit en heu de sûreté au château de Pevensey. La nouvelle de la captivité de Jacques brisa le cœur de son père ; et Albany, sentant que la continuation de son pouvoir dépendait de la durée de la détention de son neveu , devint dès ce moment le serviteur complaisant de Henri. Il y avait bien de temps à autre des engagements entre les habitants des frontières, mais une longue suite de trêves prévint toute agression hostile de la part des deux puissances1.
[23 nov. 1407.] 2° L'autre événement, qui jeta le trouble dans toute la France, fut le meurtre du duc d'Orléans, frère du roi et adversaire de Henri. Ce meurtre fut commis un soir dans une rue de Paris par dix-huit assassins : deux jours après, le duc de Bourgogne avoua qu'il eu était le réel auteur. Après une courte absence, il revint à Paris, accompagné de ses amis et de ses vassaux, essaya de justifier cette action , et rentra en grâce auprès de son faible et chancelant souverain. Les princes de la maison d'Orléans, après avoir en vain demandé plusieurs fois justice, s'en remirent aux armes du soin de leur vengeance, et tout le royaume se divisa entre les deux partis des Bourguignons et des Armagnacs. Henri vit ces bouleversements avec plaisir. Us servaient à occuper et à affaiblir le plus redoutable de ses adversaires ; et ils lui offraient l'occasion de prendre sa revanche sur la France des maux qu'elle avait infligés pendant quelques années a l'Angleterre. [ 23 oct. 1411.] Quand les Armagnacs assiégèrent Charles dans Paris , Henri envoya mille archers et huit cents lances, commandés par le comte d'Arundel, au duc de Bourgogne, qui, avec ces auxiliaires et ses propres forces, pénétra dans la capitale, et força ses ennemis à se retirer 'l. L'année suivante , le duc se préparait à poursuivre ses succès et a contraindre les Armagnacs a la soumission. Maiscetle fois Henri avait écouté leurs propositions. [18mail4l2] Les ducs de Berri, d'Orléans et de Bourbon , avec le comte d'Alençon, consentirent, pour eux et leurs confédérés, h le reconnaî-