‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 337 sur 563 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

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pouvaient succéder, ni lui ni ses prédécesseurs n'y devaient avoir aucune prétention, puisque leur droit ne venait que d'une femme, Isabelle, mère d'Edouard III. Cette objection déconcerta le roi; et avant la fin de la session [22 déc], ce dernier acte fut retiré, et le droit de succession aux deux couronnes fut déclaré résider dans les fils du roi et dans leurs descendants en général. Mais même alors, quoique le droit des femmes descendant des quatre princes fût clairement reconnu, les filles même de Henri ne fureut pas désignées 1 .

Des quatre princes, Henri, l'aîné, comme plus proche du trône, attirait le plus l'attention publique. A la bataille de Shrewsbury, il avait donné des preuves de courage personnel ; lé succès de la guerre contre les insurgés de Galles reflétait du lustre sur sa jeunesse ; elles communes, dans une adresse adulatrice, le louèrent de trois vertus, de respect filial pour le roi, de bravoure sur le champ de bataille, et de modestie , a cause de l'empressement avec lequel il soumettait en toute occasion son jugement à celui de son conseil-. Son père néanmoins avait peu de sujets d'être satisfait de sa conduite. Il était opiniâtre et impétueux à la poursuite du plaisir, et lorsqu'il n'était point occupé par le service militaire, il so plongeait sans retenue dans tous les vices et folies de la jeunesse. Probablement la mémoire du lecteur Ta déjà reporté aux pages, dans lesquelles les extravagances du prince et de ses compagnons ont été tracées par l'inimitable pinceau de Shakspeare. 11 se peut, à la vérité, que les personnages et les faits particuliers ne soient que des êtres créés par l'imagination du poëte; mais on ne peut nier qu'ils ne soient parfaitement d'accord avec les récits des écrivains plus anciens et la croyance traditionnelle du siècle suivant. 11 faut ajouter toutefois qu'au milieu de ses excès il donna plusieurs preuves de candeur d'âme. Il arriva que l'un de ses compagnons avait été cité pour félonie devant le chef de justice Gascoigne, cet inflexiblo magistrat qui avait résisté aux ordres illégaux du roi a York. Le prince demanda impérieusement qu'on relâchât le prisonnier; et comme on le lui refusait, il tira l'épée contre le juge. Mais Gascoigne lui ordonna froidement de se rendre à la prison du banc du roi ; et le jeune Henri eut le bon sens de se soumettre a la punition. Quand cet incident fut rapporté à son père : « Heureux, s'écria-t-il, le monarque qui

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