CHAPITRE PREMIER
Pour répondre à la lettre de Boniface , un parlement fut convoqué à Lincoln [27 sept.]. Les universités eurent ordre de députer quatre ou cinq docteurs en droit civil , les monastères de * fournir tous les documents en leur possession qui pouvaient éclairer la question. Après quelques débats, on dressa une réponse qui fut signée et scellée par cent quatre comtes et barons, au nom du peuple d'Angleterre , et qui mérite d'être transcrite , en ce qu'elle montre avec quelle précision nos ancêtres savaient distinguer entre l'autorité spirituelle et l'autorité temporelle du pontife [12 fév. 1301], Après avoir exprimé leur étonnemeut de la teneur du rescrit papal, et affirmé que l'Ecosse n'avait jamais appartenu , comme temporel , au siège de Rome , ils font cette remarque sur l'autorité que le pape s'était arrogée , de décider la contestation par la voie judiciaire : — « Par une coutume invio- » lablement observée en tout temps , un privilège venant de la » prééminence de la dignité royale , les rois d'Angleterre n'ont » jamais plaidé ou été tenus de plaider, touchant leurs droits sur » le royaume d'Ecosse ou tous autres droits temporels, devant au- » cun juge ecclésiastique ou séculier. C'est donc, et, par la grâce » de Dieu , ce sera toujours notre commune et unanime résolu- » tion, que relativement aux droits de son royaume d'Ecosse ou )> à ses autres droits temporels , notre susdit seigneur le roi ne » plaide pas devant vous, ni ne se soumette en aucune manière » a votre jugement, ni ne souffre que son droit soit mis en ques- » tion par aucune enquête , ni n'envoie des agents ou fondés de » pouvoir à cet effet à votre cour. Car de telles façons de procéder £ » seraient une renonciation manifeste aux droits de la couronne » d'Angleterre et de la dignité royale , l'évidente subversion de » l'état du royaume , et un préjudice aux libertés, coutumes et » lois que nous avons héritées de nos pères , à l'observation et à » la défense desquelles nous sommes tenus par nos serments, et » que nous maintiendrons de notre mieux, et qu'avec l'assistance » de Dieu nous défendrons de toutes nos forces. Et nous ne per- » mettons ni ne voulons permettre , comme nous ne le pouvons » ni ne le devons, à notre susdit seigneur de faire ou de tenter de » faire, même s'il le désirait, aucune des choses susdites, choses » qui n'ont jamais été entendues ni réclaméef auparavant, et qui » sont si préjudiciables a ce royaume1. » Quoique Edouard refusât de reconnaître le pape comme juge,