Ryro. n, 873-875. Netc Bym
il était disposé à lui soumettre son droit comme à un ami. Une longue lettre fut écrite [7 mai], où il faisait remonter avec précision la suprématie de ses prédécesseurs au temps reculé d'Elie et de Samuel. Ce fut alors que Brutus, le Troyen, ayant délivré- Tîle des Géants ses habitants indigènes, la partagea entre ses trois fils Locrine, Albanact et Camber, mais à condition que les plus jeunes tiendraient leurs portions en fief du frère aîné. Locrine l'aîné s'établit a Trinovant, depuis appelé Londres, et la prééminence dont il jouissait fut réclamée et exercée par tous ses successeurs, particulièrement les renommés monarques Dunwall, Beline et Arthur. Des fictions du roman il passait enfin à l'histoire réelle, énumérait tous les exemples qu'il avait pu recueillir, d'hommage fait par les rois d'Ecosse aux princes saxons et normands, et soutenait d'un ton de triomphe qu'ils formaient une justification satisfaisante de sa conduite, une réfutation complète des faux exposés de ses adversaires l. Les réponses du roi et du parlement furent remises [juillet] par le pape h Baldred Basset, l'envoyé écossais, et par lui transmises au conseil de régence. Les instructions qu'il reçut en retour et le mémoire qu'il présenta à Boniface existent encore. 11 opposa la fiction à la fiction, et l'histoire à l'histoire. Les Ecossais, dit-il, ne se soucient pas de Brutus et de ses institutions : ils sont issus de Scota, fille de Pharaon, qui aborda en Irlande, et dont les descendants arrachèrent par la force des armes la moitié septentrionale de la Bretagne à la race de Brutus. Ils ne doivent donc aucune sujétion aux Bretons. Si quelques-uns des princes saxons pénétrèrent accidentellement en Ecosse, la chose est sans aucune conséquence. Edouard ne peut rien réclamer au nom des Saxons. Il descend des Normands, et aucun roi d'Ecosse n'a jamais fait hommage aux rois normands, à l'exception de Guillaume le Lion, pour autre chose que pour les terres situées en Angleterre, comme il est évident d'après les exemples insérés précédemment dans la lettre du pape, et d'après le refus d'Innocent IV d'accorder à Henri III les dîmes d'Ecosse, ou d'autoriser son intervention au couronnement des rois écossais. En réfutation dé la réponse du parlement, il fait observer que, si Edouard décline le jugement du pontife, c'est parce qu'il a conscience de la faiblésse de sa prétention; mais qu'il ne doit pas être juge et témoin dans la môme cause ; que les deux royaumes sont égaux et indépendants, et que, dans toutes les contestations