‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 357 sur 563 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

traces de son bisaïeul Edouard III ; et s'il consentit a une série de courtes trêves à la prière de Charles , ce fut seulement pour avoir le loisir de mûrir ses plans, de se promirer de l'argent pour ses dépenses , et de commencer la guerre avec une armée proportionnée a son objet. Un peu plus d'une année s'était écoulé depuis son avènement, lorsqu'il demanda inopinément la couronne de France, avec toutes les dépendances, comme héritier d'Isabelle, fille de Philippe IV1 [10 juillet Les ministres

français auraient pu répondre qu'il n'était pas le représentant légitime de cette princesse; mais ils regardèrent cette réclamation comme une insulte à l'indépendance nationale, et refusèrent de l'admettre même comme sujet de discussion [août]. Henri consentit alors à ce que Charles restât en possession de son trône ; mais il requit, comme prix de sa modération, des conditions qui auraient réduit la France à une position secondaire parmi les puissances de l'Europe : a savoir, qu'il cédât en pleine souveraineté à l'Angleterre les provinces de Normandie, de Maine et d'Anjou ; les territoires qui composaient autrefois le duché d'Aquitaine, et les villes et comtés compris dans la grande paix de Bretigny; qu'il mît Henri en possession d'une moitié de la Provence, héritage d'Eléonore et de Sanchette, femmes de Henri III et de son frère Richard, et deux des quatre filles de Bérenger, jadis souverain de ce pays; qu'il acquittât fidèlement les arrérages de la rançon du roi Jean, montant a douze cent mille couronnes, et qu'il donnât sa fille Catherine en mariage au roi d'Angleterre, avec une dot de deux millions de couronnes11. Ces demandes avaient été suggérées à Henri par son conseil, qui lui dit que par une telle modération il jetterait le blâme du refus sur ses adversaires, et « mériterait, par la grâce de Dieu , meilleure réussite et conclusion. » Le duc de Berri, organe du gouvernement français, répondit que Charles, par amour de la paix, consentait à restituer tous les territoires anciennement compris dans le duché d'Aquitaine, et à donner avec sa fille six cent mille couronnes, dot plus forte que n'en avait jamais donné aucun de ses prédécesseurs en pareille occasion. Un prince d'une ambition ordinaire eût accepte avec joie de telles offres. 11 était évident qu'elles étaient faites non h cause de la supériorité réelle de l'An-

1. Le lecteur se rappellera que nos rois réclamaient la couronne de France, sur le motif qu'elle pouvait être transmise par les femmes. Or, dans cette hypothèse, elle n'appartenait pas à Henri, mais au comte de March.

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