CHAPITRE PKEMIKK. I
enlrc eux, ils doivent avoir recours à un plus haut tribunal, e eslà-dire à l'Eglise de Rome. H ajoute que, nonobstant l'assertion contraire des Anglais, il est notoire que TEçosse est la propriété, l'alleu exclusif du saint-siége; que ses habitants depuis leur conversion ont toujours reconnu que la suzerainté directe de leur pays, au temporel aussi bien qu'au spirituel, appartenait à l'Eglise romaine; et que cette suprématie lui fut confirmée par Constantin le Grand, lorsqu'il fit à la chaire de saint Pierre donation de toutes les îles de l'océan occidental : en conséquence de quoi, il compte que le pape étendra sa puissante protection sur ses lidèles et dévoués vassaux, les indigènes de l'Ecosse *.
Mais le temps était passé où Boniface, s'il en avait eu la volonté, aurait osé prendre en main les querelles de ses vassaux. Une longue suite de petites et mutuelles injures avait aigri l'esprit du pontife et celui du roi de France, et leur dissension s'était graduellement convertie en hostilité ouverte. Bonitace excommunia son adversaire, et menaça de prononcer la sentence de déposition ; et Philippe en appela h un futur concile, accusa le pontife d'hérésie, et grâce à l'activité de ses partisans, le tint positivement captif pendant trois jours. Durant le cours de cette querelle, chacun d'eux tenait à obtenir et a conserver l'amitié d'Edouard. Le pape ne soutint pas plus longtemps la cause des Ecossais : Philippe, qui par ses promesses les av ait poussés à braver le roi d'Angleterre, se contenta d'obtenir pour eux quelques courtes et inutiles suspensions d'armes. Edouard proliki de roccasion pour presser la conclusion de la paix entre l'Angleterre et la France. 11 recouvra la Guienne [20 mai 1303] ; le comte de Lincoln jura fidélité pour elle en son nom; le prince de Galles fut fiancé à Isabelle, fille de Philippe ; et un traité de commerce scella l'amitié des deux nations [11 juin]. Les envoyés écossais exprimèrent leur surprise qu'aucune stipulation n'eût été insérée en faveur de l'Ecosse ; mais on fit cesser leurs plaintes par la promesse que, dans la prochaine entrevue entre les deux rois, Philippe lui-même prendrait en main leur cause, et tirerait de la générosité de leur ennemi des conditions plus avantageuses qu'il n'en aurait pu obtenir d'ambassadeurs liés par des instructions écrites. 11 est inutile de dire que la promesse ne fut jamais remplie 2.