‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 360 sur 563 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

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était le premier de l'Europe; il fallait une force supérieure à celle de l'Angleterre pour rébranler. Que Henri, si bon lui semblait, en fît la tentative : ou il serait repoussé au delà de la mer, ou il payerait sa présomption de sa liberté et peut-être de sa vie. Quant a lui, ajouta l'archevêque, il n'avait plus rien à faire en Angleterre ; il demandait des passe-ports, mais espérait que le roi voudrait bien lui donner cette réponse par écrit, et lui éviter la peine de délivrer de vive voix un message aussi insultant. Henri ne fut point offensé de la liberté du prélat, et le renvoya ainsi que son collègue avec des présents considérables1 [1er juillet].

Tous les préparatifs étaient alors achevés ; l'armée s'était assemblée à Southampton, et le roi surveilla l'embarquement. En ce même instant où son esprit était occupé de rêves de conquêtes et de gloire [21 juillet] , il fut alarmé soudain par la nouvelle qu'une conspiration contre sa vie avait été formée au sein de sa famille et de sa maison. Le chef en était son cousin Richard, frère du duc d'York, et créé depuis peu comte de Cambridge. Les principaux complices étaient sir Thomas Grey de Heton, chevalier Northumbre, et le lord Scrope de Masham , qui avait été honoré des plus hauts emplois de l'état, et qui était, au lit et a table, au conseil et à la chasse, l'inséparable compagnon du roi. Il est impossible de découvrir quels motifs purent les engager à former ce dessein, ni sur quoi ils fondèrent leurs espérances de succès : l'historien doit se contenter de décrire les faits tels que les donnent les pièces authentiques. [2 août.] Une enquête de douze jurés du comté établit, mais on ne dit pas sur quel témoignage, que le comte de Cambridge avait conspiré avec sir Thomas Grey pour réunir un corps d'hommes armés , conduire le comte de March aux frontières de Galles, et le proclamer héritier légitime de la couronne, dans le cas où Richard H serait réellement mort2; qu'ils avaient aussi, par leurs émissaires, sollicité Thomas de Trumpyngton, qui continuait à passer pour Richard, Henry Percy, qui n'était point encore revenu d'Ecosse, et plusieurs lords écossais, d'envahir les états du roi à une époque fixée; et que le lord Scrope avait reçu des traîtres la confidence de leurs intentions; qu'il en avait caché la connaissance au roi

1. Voyez Monstrelet fi, 29}, qui loue l'indignation du prélat français, et Elmham ( p. 30 ) et Walsingham (p. 389 ), qui blâment son insolence. La réponse du roi est dans le Thrésor des Chartres, 79.

2. 11 faut faire remarquer que le comte de Cambridge avait épousé Anne, sœur du comte de March , qui , à la mort de son frère sans enfants , aurait eu le droit réel à la couronne.

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