‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 385 sur 563 · TU. Liv · texte numérisé non relu

TU. Liv

CIIAIMTKE SEPTIÈME. 449

les raisons qui Pavaient engagé a conclure « une paix définitive et perpétuelle avec son cher fils le roi d'Angleterre. » Il soumit à leur examen [10 déc.J une copie du traité, qu'ils rendirent au bout de quelques jours avec leur approbation unanime1. Le duc do Bourgogne parut dans cette assemblée en habit de deuil et accompagné des princes de sa famille [23 déc.]. 11 demanda justice contre les assassins de son père; et Charles, après les formalités d'usage, prononça le jugement qui les déclarait coupables de haute trahison, les rendait incapables de jouir ou d'hériter d'aucun emploi ou propriété, et les privait de tout commandement sur leurs vassaux que le roi déliait en môme temps de tous serments de fidélité et obligations de service. Il faut remarquer, toutefois, que cette sentence fut rendue contre les meurtriers en général, sans nommer aucun individu. Le jeune prince est, a la vérité, désigné sous le nom de « Charles, se disant dauphin ; » mais on ne va pas jusqu'à insinuer le soupçon qu'il ait été ou l'auteur ou le fauteur du crime2.

Henri, accompagné de la reine, retourna de Paris en Angleterre. Ses sujets, fiers de leur victorieux monarque, le conduisirent en triomphe à Londres, où Catherine fut couronnée [23 février 1421] avec une magnificence jusqu'alors sans exemple dans les annales anglaises 3. Après la cérémonie, ils parcoururent le royaume ; mais à York leur joie fut troublée par la triste nouvelle de la bataille de Beaugé. Le duc de Clarence, que le roi avait nommé son lieutenant en Normandie, entreprit de dévaster le comté d'Anjou qui reconnaissait encore l'autorité du dauphin. Pour lui tenir tête, la Fayette avait asst mblé une armée d'Angevins, auxquels il joignit cinq ou sept mille auxiliaires écossais sous les ordres des comtes Buchan et Wigton et du lord Stuart de Darnley. Le duc se laissa tromper par les faux rapports des prisonniers. [22 mars.] Méprisant l'avis de ses officiers, il se hâta de marcher sans ses archers pour surprendre l'ennemi, et fut entouré avec ses hommes d'armes par une force plus nombreuse. Douze cents Anglais restèrent sur le champ de bataille; trois cents furent pris. Le duc, qui se faisait remarquer par sa cou-

Page 1