‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 395 sur 563 · HENRI VI · texte numérisé non relu

HENRI VI

PRINCES CONTEMPORAINS

Rois d'Ecosse. Rois de France. Rois d'Espagne.

Jacques ï". 1437. Charles VI. . 1423. Jean II. . 1451. Jacques II . 1460. Charles VII. Henri IV.

Jacques III.

papes.

Martin V. 1431. Eugène IV. 1447. Nicolas V. 1455. Calixte III. 1458. Pie II.

Gouvernement pendant la minorité. — Le duc de Bedford régent de France. — Jacqueline de Bavière. — Siège d'Orléans. — Jeanne d'Arc — Charles est couronné à Reims. — Henri a Paris. — Défection du duc de de Bourgogne. — Armistice entre l'Angleterre et la France. — Disputes dans le cabinet anglais. — Mariage du roi. — Morts de Gloucester et de Beaufort. — Perte des provinces françaises. — Accusation et meurtre de SufFolk. — Insurrection de Cade. — Le duc d'York protecteur. — Henri ressaisit l'autorité. — Désastres des yorkistes. — Leurs succès subséquents. — Le duc est déclaré héritier du trône. — Il est tué à Wakefield. — Son fils Edouard entre à Londres et est proclamé roi.

Le trône de France fut préservé de sa ruine paria mort prématurée de Henri V. Le soin de maintenir l'ascendant qu'il avait obtenu retombait sur un successeur enfant et un ministère divisé ; tandis que le dauphin, dans la vigueur de la jeunesse et secondé par les vœux du peuple, appelait les différentes factions sous sa bannière, et dirigeait leurs efforts combinés contre les envahisseurs de leur patrie. Nous verrons ce prince recouvrer dans le cours de quelques années le trône de ses ancêtres, chasser les Anglais de leurs conquêtes, et couronner une longue série de succès par la soumission de la Gascogne, dernier fragment de l'ancien patrimoine des monarques anglais en France.

Le nouveau roi, fils de Henri et de Catherine, avait à peine neuf mois. Au premier avis de la mort de son père, plusieurs pairs spirituels et temporels, la plupart membres de l'ancien conseil, s'assemblèrent à Westminster, expédièrent, au nom de Henri VI, des commissions aux juges, shériffs et autres officiers, pour les maintenir dans l'exercice de leurs fonctions respectives, et convoquèrent un parlement pour le commencement de no-

Emp. d'AUem.

Sigismond. 1437.

Albert. . . . 1439.

Frédéric 111.

160 HISTOIRE n'ANtiLETEIlRE.

vcmbru [6-10 nov. 1A22J. La veille, une commission pour ouvrir, conduire et dissoudre le parlement au nom du roi, avec le contentement du conseil, fut offerte au duc de Gloucester. Il objecta (|iie les mots, avec le consentement du conseil , étaient attentaloires à son droit, qu'ils faisaient de lui le serviteur du conseil, et que jamais ils n'avaient été insérés dans des commissions de ce genre sous feu son frère. On répliqua que le roi actuel était enfant, et qu'en conséquence, sans ces mots ou d'autres équivalents, nul ne pouvait agir légalement et sûrement. Chaque lord h son tour émit cette opinion, et le duc fut bien forcé de se soumettre Le lendemain matin il ouvrit le parlement dans la forme usitée. Le premier soin de cette assemblée fut de ratifier tous les actes de l'autorité qui l'avait convoquée, comme suffisamment justifiés par la nécessité du cas 2 ; le second fut de combler la lacune laissée dans l'exercice de l'autorité royale par l'enfance du roi. Les deux derniers siècles fournissaient trois exemples de minorités à l'avènement de Henri III, d'Edouard 111 et de Richard IL Mais dans aucune de ces occasions, le pouvoir exécutif n'avait été confié a un tuteur ou régent, si nous en exceptons les deux premières années du règne de Henri III, où l'on jugea nécessaire d'en nommer un pour s'opposer aux prétentions d'un compétiteur étranger à la tête d'une armée puissante et en possession de la capitale. Néanmoins le duc de Gloucester, malgré la décision de la veille, réclama la régence pour deux motifs : parce qu'en l'absence du duc de Bedford il était le plus proche parent de son neveu, et parce que le feu roi, au lit de mort, l'avait nommé k cette charge. Les lords (car ces questions n'étaient pas du ressort des communes), ayant examiné les rôles et consulté les juges, répliquèrent que sa demande n'était fondée ni sur une loi ni sur un précédent, mais bien contraire h la constitution du royaume et aux droits des trois états; et que la nomination faite par te feu roi était sans force, attendu qu'il ne pouvait changer la loi du pays sans les trois états, ni déléguer l'autorité qui expirait avec lui, pour être exercée par un autre après sa mort. Cependant, pour le satisfaire autant qu'il était en leur pouvoir, ils le nommeraient président du conseil, en l'absence de

1. Acts of Coun. m, G. Rym. x, 257. De assensu concilii nostri. Ces mots sont placés de manière à pouvoir se rapporter à la nomination du duc par le roi, ou à l'exercice de l'office par le duc. La première construction est la plus naturelle ; mais dans ce débat les deux parties semblent avoir adopté la seconde.

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