‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 403 sur 563 · CHAPITRE HUITIÈME. 4(i · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME. 4(i

du nom de Stokes, accompagnée des femmes des principaux citoyens de Londres, se rendit h la chambre des lords et présenta une pétition contre le duc, l'accusant d'avoir négligé sa femme légitime, la duchesse Jacqueline, et de vivre en adultère avec Eléonore Cobham1, lîlle de Reginald, lord Cobham de Slerborough. La beauté d'Eléonore était aussi remarquable que ses mœurs étaient dissolues. Après avoir contribué aux plaisirs de . différents seigneurs, elle fit connaissance avec le duc, dont rattachement pour elle fut si grand, que, même après son union avec Jacqueline, il la garda toujours auprès de sa personne et l'emmena dans son expédition du Hainaul*. On ignore quelle réponse fut faite à la pétition de ces champions femelles de la fidélité conjugale; mais, bientôt après, le duc, a la surprise de l'Europe, reconnut publiquement Cobham pour sa femme; et Jacqueline, au mépris de la promesse qu'elle avait faite a son adversaire, épousa un gentilhomme appelé Frank de Bursellen. Les Bourguignons aussitôt se saisirent de lui, et sa femme, pour le rache- * ter, céda la plus grande partie de ses états, ne gardant qu'une rente annuelle pour son propre entretien. Elle mourut sans enfants en 1436 3 [8 oct.].

On a prétendu que, sans cette malheureuse tentative de Gloucesterpour s'emparer de l'héritage de Jacqueline, le parti de Charles aurait pu être complètement écrasé après la bataille de Verneuil. Mais, pour défendre le duc de Brabant, le duc de Bourgogne retira ses forces du théâtre de l'action et les occupa dans le Hainaut et la Hollande ; et le duc de Bedford, réduit a ses propres ressources, devint hors d'état de profiter des avantages qu'il avait obtenus. Pendant trois ans on laissa languir la guerre de France, et les opérations de part et d'autre se bornèrent a des escarmouches et a des sièges sans importance comme résultat pour les deux partis, mais fort désastreux pour les malheureux habitants. Si le régent était inactif par faiblesse, Charles l'était éga-lement.par pauvreté; et si la cour du dernier devint un foyer d'intrigues, de discussions et de meurtres, le conseil du roi d'Angleterre n'était pas moins divisé par la jalousie de ses membres, leurs querelles et leurs intérêts opposés4.

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