CHAPITRE HUITIÈME
intérêt national n'était en jeu, s'apaisa plus aisément. Elle avait été causée par le ressentiment de F apostasie du duc; mais l'Angleterre , en voulant le punir, s'était porté un grave préjudice h elle-môme par l'interruption du commerce avec la Flandre. En 1443, Isabelle (Henri paraît avoir refusé de traiter avec son mari) 1 conclut une suspension d'hostilités pour une période indéfinie avec le duc d'York2. [24 avril.] L'année d'après, ses efforts pour en étendre le bénéfice h tous les belligérants furent secondés par l'influence plus puissante du duc d'Orléans, qui avait été fait prisonnier h la bataille d'Azincourt, et après une captivité de vingtquatre ans avait eu la permission de revoir son pays. Avant son départ, il paya quarante mille nobles, donna sùrelépour le payement do quatre-vingt mille de plus dans le cours de six mois, et s'obligea h revenir h l'expiration de l'année, s'il ne décidait pas
cation de Troyes, et sur le jugement de Dieu, manifesté par les victoires qu'il avait accordées à de petits corps d'Anglais sur les immenses armées de leurs ennemis. Mais 9" si la demande était refusée, ils devaient faire l'offre à Charles d'ure principauté au delà de la Loire, avec un revenu annuel de vingt raillions de couronnes. :V Ce n'était là toutefois que des préludes, des propositions faites pour être rejetées. Le lord cardinal de Winchester devait alors s'adresser aux ambassadeurs des deux parties, non comme négociateur (il n'était pas même nomme dans la commission ) , mais comme prince de l'Eglise, que son désir d'arrêter l'efTusion du sang humain avait engagé à prendre le rôle de médiateur avec la duchesse de Bourgogne. Dans un discours étudié, il devait.exhorter les deux parties à terminer une querelle qui durait depuis cent ans, et qui avait coûté la vie à plus d'hommes qu'il n'y en avait de vivants en ce moment dans les deux royaumes. Il devait peindre sous de vives couleurs les maux de la guerre, t int à cause des calamités temporelles qu'elle inflige, qu'à cause de la perte spirituelle des Ames quelle envoie chargées de péchés devant le tribunal de Dieu ; il devait faire observer que la question ne pouvait être décidée que de l'une des deux manières suivantes, la destruction du peuple anglais ou du peuple français, ce qui était impraticable , ou par un équitable ajustement des droits, qui, s'il devait être adopté, ne pouvait l'être trop tôt. 4° Les ministres anglais devaient être merveilleusement touchés de ce discours, et en conséquence se relâcher de leurs prétentions et offrir à Charles la totalité de la France au delà de la Loire, à l'exception de* la Guienne. Et même, plutôt que d'encourir le reproche de contribuer aux maux déplorés d'une manière si sentie par le cardinal, ils devaient en venir jusqu'à se contenter de l'accomplissement fidèle de la grande paix de Breligny. Mais les envoyés français n'étaient pas gens à se laisser aveugler par un artifice si visible. Ils exigèrent que Henri cédât toutes ses conquêtes autres que la Normandie et tînt ce duché, avec la Guienne, de la couronne de France. La proposition fut reçue comme une insulte; et la duchesse proposa la paix pour un nombre limité d'années, à condition que Henri, pendant ce temps, ne prendrait pas le titre de roi de France, et que Charles ne réclamerait aucun hommage durant la même période. Les ambassadeurs se sép irèrent pour prendre les ordres de leurs souverains sur ce projet. A l'époque fixée, les Anglais revinrent ayant pour instructions de refuser, attendu que de la part du roi ce serait montrer un m inque de force, de droit ou de courage ; mais ils n'eurent pas d'occasion de rendre leur réponse; car les Français ne jugèrent pas que ce fût la peine de revenir. Voyez Rym. x, 724, et Acts oj Coun. v, 334.
1. Il se tint beaucoup de conférences avec elle, et aucune avec lui, comme on le voit d'après les actes dans Rymer, x, 713. 730, 761, 7f>7, 802, etc.